La CGT des établissements d’enseignement supérieur et de recherche

Syndicat CGT FERC Sup - CGT-UT2J • Université Toulouse-Jean Jaurès

LiAiSONS n° 401 • 8 octobre 2018

lundi 8 octobre 2018

Sommaire

  • Un 9 octobre offensif et revendicatif
  • Le 9 octobre à Toulouse
  • Droit de grève et recensement des personnels grévistes
  • Appel des confédérales et organisations de jeunesse pour la journée du 9 octobre
  • Appel de l’intersyndicale Fonction publique pour le 9 octobre

Un 9 octobre offensif et revendicatif

La rentrée n’a pas laissé beaucoup de répit aux personnels de notre université avec les bugs de ParcourSup et la pression croissante au travail (toujours plus de travail et moins de personnels pour le réaliser). Beaucoup de titulaires d’un baccalauréat souhaitant s’inscrire à l’UT2J sont toujours en attente d’une réponse à leur candidature : soit parce qu’aucune place ne leur est offerte, soit parce qu’ils ont été contraints d’accepter le premier choix qui s’est présenté pour ne pas rester sans inscription tout en conservant le vain espoir d’une inscription dans la formation de leur choix. D’autres, découragés par le système auquel ils se sont heurtés, ont fini par se résigner à l’abandon et nombre d’entre eux se sont tournés vers le privé. Combien ? Le Ministère se garde bien d’en communiquer les chiffres réels pour tenter de faire croire que son système ParcourSup fait mieux que le précédent, Admission PostBac, et qu’il est plus équitable.

Nationalement, le gouvernement a toujours nos conquis sociaux pour cible. Il ne cesse d’augmenter la pression sur
les salarié·es, les retraité·es et les personnes les plus fragiles alors que, dans le même temps, il continue d’enrichir les
nantis ou de satisfaire aux exigences de leurs lobbys :

  • Le programme du Comité Action Publique 2022 (CAP 22) s’en prend à tous les services publics. L’accès de tous les citoyens et toutes les citoyennes aux services publics et l’égalité de toutes et tous font l’objet d’une nouvelle attaque : suppression de postes, recours accru aux contractuel·les, délégation de missions des services publics au privé, abandon de missions...
  • Alors même que les PME et TPE – qui emploient la majorité des salarié·es de ce pays – ne sont pas prêtes pour la mise en place du prélèvement à la source, le gouvernement s’entête à vouloir maintenir son instauration en 2019. Loin de représenter une simplification pour les citoyen·ne·s de ce pays, il a pour objectif de remettre en cause à terme la progressivité de l’impôt (plus on gagne de l’argent et plus on paye des impôts) pour aboutir à un taux d’imposition unique (« flat tax ») pour le plus grand profit des riches et nantis. Cette logique vise à faire peser l’essentiel de la pression fiscale et financière sur les plus fragiles puisque les foyers non imposables seront concernés à termes alors que la pression sur les plus riches s’allégera considérablement. C’est aussi une atteinte de plus à la fonction publique des finances publiques (prévision de suppression de 10 000 emplois l’an prochain).
  • Par deux fois cet été, le gouvernement a voulu s’en prendre à la Sécurité Sociale en tentant notamment de modifier notre Constitution pour substituer le principe de « protection sociale » à celui de « sécurité sociale ». L’idée est d’en finir avec notre salaire socialisé et de faire de nos cotisations sociales un impôt (CGS). Ainsi, seul un panier de soins serait remboursé, le reste devant alors être pris en charge non par une mutuelle mais par une assurance privée. Les employeurs pourront, à l’instar de ce qui se passe aux États-Unis, décider ou non d’offrir cette assurance à leurs sala-rié·es. C’est une négation supplémentaire de l’impact du travail sur la santé des travailleurs et des travailleuses.
  • Avec le basculement d’une retraite par répartition à une retraite par points, nombre de salarié·es vont devoir renoncer à leur retraite faute d’une valeur du point leur permettant de subvenir à leurs besoins. Ce système géré par des fonds de pension a déjà montré toutes ses limites aux États-Unis ou en Suède. La financiarisation de notre retraite va indexer la valeur du point aux aléas de la Bourse. En Suède, un bon nombre de retraité·es ont été contraint·es de retrouver un emploi faute d’un montant de retraite suffisant pour vivre.

Lors de la crise financière de 2008, la plupart des experts (pourtant réputés être plutôt du côté des gouvernements servant les forces de l’argent) avaient affirmé que la France avait mieux résisté à la crise que les autres pays du fait de son modèle social pas encore financiarisé et restant fondé sur la solidarité intergénérationnelle. C’est ce modèle social que les gouvernements successifs n’ont pas cessé de vouloir démanteler. Selon eux, revenir à des conditions de vie et de travail proches de celles du 19ème siècle serait aujourd’hui un signe de « modernisme » alors que notre pays, 5ème puissance économique du monde, n’a jamais été aussi riche. Cette richesse est produite par la force de travail de l’ensemble des salarié·es du privé et du public. Ceux-là même que l’on soumet à toujours plus de pression (travail, salaires, impôts, etc.) et à qui on veut tout prendre, y compris leur vie en les faisant partir le plus tard possible à la retraite ou en supprimant les CHSCT.

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La CGT continuera à défendre ces valeurs que les tenants du libéralisme qualifient d’archaïques : de meilleures conditions de vie et de travail pour l’ensemble des salarié·es et des citoyen·nes de ce pays, l’émancipation des travailleurs et des travailleuses, la lutte contre les inégalités sociales et salariales, l’égalité femmes-hommes, une meilleure répartition des richesses, la défense des services publics, le maintien de notre système social de solidarité intergénérationnelle, de nos retraites, de notre sécurité sociale, etc.

Pour protéger et défendre nos conquis sociaux et pour défendre les valeurs d’une société solidaire, la CGT donne rendez-vous à l’ensemble des salarié·es le 9 octobre pour une journée de grève, d’action et de manifestation interprofessionnelle. Ensemble, avec les salarié·es, nous ferons valoir nos revendications en matière de revalorisation salariale, de défense des minimas sociaux, de la sécurité sociale, de notre système de retraite, de la prise en charge des conséquences du chômage par l’État et de la défense des services publics.

À Toulouse :
• 12h30, Rassemblement au Mirail ;
• 14h00, Manifestation, Arnaud Bernard

La CGT revendique

La liberté d’expression, le droit de se syndiquer dans l’organisation de son choix et le droit de grève sont des droits humains fondamentaux garantis par notre constitution
et plusieurs textes internationaux auxquels notre pays à souscrit. Ces droits ne souffrent aucune contrainte ni pression de quelque nature que ce soit. La CGT dénonce depuis le début la règle inique du trentième indivisible et réclame sa suppression. Les personnels enseignants et BIATSS n’ont pas à se déclarer grévistes. C’est l’administration qui doit procéder au recensement. Dans les établissements d’enseignement supérieur et de recherche, la CGT exige le respect de l’égalité de traitement pour les personnels BIATSS et enseignants. Dans la mesure où un recensement équitable des enseignant·es grévistes n’est pas possible, la CGT demande qu’il ne soit pas appliqué aux personnels BIATSS et qu’il ne soit procédé à
aucune retenue sur traitement pour fait de grève.

Communiqué CGT-UT2J et SNESUP FSU de l’UT2J
concernant le droit de grève
et le recensement des personnels grévistes

Dans la perspective de la journée interprofessionnelle de mobilisation, de grève, d’action et de manifestation du 9 octobre 2018, les organisations signataires rappellent que le droit de grève est un droit humain fondamental garanti par différents textes nationaux et internationaux, notamment par l’article 7 du Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946, maintenu en vigueur par la Constitution du 4 octobre 1958 dont on vient justement de célébrer le soixantenaire.

Ce droit ne se négocie pas et ne peut être remis en cause.

La règle du prélèvement du 30e a pour but de limiter ce droit de grève dans la Fonction publique.

Les organisations signataires rappellent aux personnels, de quelque statut ou catégorie qu’ils soient, que c’est à l’administration de procéder au recensement des personnels grévistes et de faire le constat de la mobilisation des personnels.

Dans nos établissements, les personnels n’ont pas à se déclarer grévistes ou non grévistes et l’égalité de traitement entre tous les personnels doit être la règle.

La banalisation des activités de l’après-midi de ce mardi 9 octobre permettrait d’apaiser les oppositions et tensions entre les personnels de catégories différentes et les usagers mais la direction refuse obstinément d’accéder à cette demande des organisations syndicales des personnels et des organisations étudiantes.

Nous appelons tous les personnels à refuser tout glissement vers un système déclaratif et si c’était le cas, nous vous conseillons de vous rapprocher de l’une des organisations signataires pour vous aider à faire respecter votre droit.

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