La CGT des établissements d’enseignement supérieur et de recherche

Syndicat CGT FERC Sup
Grenoble - UGA - G-INP

vendredi 15 juin 2018

QVT : oui MAIS avec quels moyens et échéances ?

Le lundi 11 juin, les membres du CHSCT et CT ont été réunis afin de se prononcer sur un accord cadre sur la Qualité de vie au travail des personnels de l’Université Grenoble Alpes.

Malgré la qualité réelle du travail réalisé conjointement avec les directions des ressources humaines et de l’environnement social, et les représentants des personnels, la CGT FERCsup s’est abstenue et n’a pas apporté sa signature au bas de cet accord car elle ne souhaite pas donner un blanc-seing à la présidence, les signaux d’alertes de souffrance au travail étant trop nombreux et notre avenir à tous étant plus que nébuleux.

Pour signer cet accord cadre nous réclamons des engagements sur les moyens humains et financiers. De plus, tandis que nous sommes toujours englués dans cette fusion et dans le « Plan de Retour à l’Équilibre », la machine de guerre « Université intégrée », elle, est déjà gravée dans le marbre. Aussi, ne sachant pas ce qu’il adviendra de cet accord cadre QVT, il nous paraît difficile, sans avoir des garanties concrètes, de nous prononcer en faveur de cette charte.

En effet, les représentants CGT au CHSCT et au CT ont largement participé à l’ensemble des divers comités depuis l’expertise du cabinet « Emergences » sur la fusion en 2016 dont nous avons été à l’origine, et depuis le lancement de la construction de cet accord cadre suite à la conférence sociale de l’été 2017. Nous avons pris part aux réflexions menées et travaillé sur l’émergence de plus de 70 pistes d’actions qui définissent l’annexe de cet accord cadre.

Les membres CGT FERCsup œuvrent depuis toujours pour la défense de l’ensemble des droits des personnels en considérant que l’on doit adapter le travail à l’humain et non l’inverse. Il nous a semblé essentiel de mettre toutes nos forces dans l’élaboration de cet accord cadre.

Au fil du temps, nous nous sommes fortement interrogés face aux restrictions budgétaires, aux suppressions d’emplois, à la fusion UGA bien loin d’être stabilisée, etc. Nous ne passons pas un jour sans être alertés par un agent en souffrance broyé par cette machine infernale qu’est devenue l’UGA.

Malgré tout, nous siégeons dans nos instances, nous travaillons en profondeur les dossiers en prenant soin d’interroger les personnels impactés et veillons à ce que les droits et conditions de travail des personnels soient au coeur du débat. Il suffit de lire les procès verbaux de ces instances pour se rendre compte de la dynamique de notre syndicat de par nos interventions.

À ce jour, nous constatons qu’en dépit de tout notre investissement, depuis plus de deux ans seules trois pistes d’actions majeures ont été réellement concrétisées :

  • l’élaboration du dispositif de veille et de lutte contre les violences sexuelles et sexistes au sein de l’UGA,
  • la mise en place du télétravail pour certains personnels,
  • la création :
    • d’un comité de prévention des Risques Psycho-Sociaux (RPS) qui réfléchit et élabore des pistes d’amélioration de la qualité de vie dans l’environnement de travail,
    • d’un comité d’intervention RPS dans lequel nous mettons beaucoup d’énergie, grâce aux référentes RPS, pour représenter et accompagner les personnels en souffrance dans les actions nécessaires à l’amélioration de leur situation professionnelle difficile, voire tragique pour certains.

Pour le reste, beaucoup d’autres points pourtant validés par la conférence sociale restent suspendus voire oubliés du document, par exemple :

  • Les actions pour le « droit à la déconnexion » ont été actées mais non mis en place, pourquoi ?
  • La réduction des appels à projets (AAP) locaux, chronophages pour nombre de personnels de l’UGA, et leur remplacement par des dotations récurrentes stables : oubliée, la seule piste d’action concernant les appels à projets locaux est de « s’interroger » (quelle ambition dans l’action !) sur la « pertinence » de certains AAP, sans calendrier ni engagement.
  • La reconnaissance dans le temps de travail de la formation continue des enseignants apparaît dans un « libellé d’action » mais... disparaît purement et simplement des « pistes pour une mise en œuvre de l’action », en dépit des pistes concrètes que nous proposons depuis maintenant plusieurs mois.

Sur les points plus ambitieux et réclamés syndicalement depuis la fusion (voire bien avant, comme la crèche ou la maison des personnels), aucune date, aucuns moyens annoncés même imprécis ne sont proposés.

Toutes les autres lignes d’actions n’ont pour l’instant aucun chiffrage financier pour leur mise en oeuvre et aucune échéance à court terme. Nous ne remettons aucunement en cause le travail et l’investissement des collègues des Ressources humaines et de l’environnement social ; mais nous regrettons de voir leur travail utilisé par la direction de notre chère UGA, qui, à coup de communications, souhaite, pour enrichir les curriculum vitae de certains, être coûte que coûte au taquet dans la course au scoop pour être le premier de la classe ! La preuve : à peine le CHSCT et CT du 11 juin terminé, une déferlante de communications, communiqués de presses, messages sur les réseaux sociaux a surgi pour nous expliquer que nous sommes la première université à signer un accord cadre... Alors très bien, et après ?

Pour engager notre signature, nous réclamons donc des engagements concrets, chiffrés, prévoyant les moyens humains et financiers nécessaires. Et pas seulement une déclaration de bonnes intentions.

Nous constatons que nos dirigeants sont très réactifs pour faire des estimations « très approximatives » pour certains dossiers mais pas très prompts à chiffrer et investir pour le bien être des personnels...

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