La CGT des établissements d’enseignement supérieur et de recherche

Le point sur Parcoursup

vendredi 1er juin 2018

La catastrophe annoncée est en cours Le processus de Parcoursup, extrêmement lent et anxiogène, laisse des dizaines de milliers de jeunes dans l’attente et l’incertitude à quelques semaines du baccalauréat. Le processus était mal conçu au départ, le choix de ne pas hiérarchiser les vœux a renforcé son caractère chaotique, la multiplication des files d’attente parallèles est le résultat de règles du jeu conçues par des administrations qui n’ont pas pris le temps d’analyser mathématiquement leurs conséquences. Il existe pourtant une branche entière des mathématiques, la théorie des jeux, consacrée à ce genre de problème —on aurait pu espérer que le Ministère dit « de la Recherche » connaisse son existence et en informe les responsables du Ministère de l’Éducation Nationale...

Mais ces questions techniques en cachent une autre bien plus grave, celle de l’équité du système. Un baccalauréat national, un processus d’inscription national ont été remplacés par une infinie variété de sélections locales. Contrairement à ce que le Ministère tente de faire croire, Parcoursup est le fruit d’autant d’algorithmes particuliers (et que la loi n’impose pas de rendre publics) qu’il y a de formations. À Paris 3 même, le manque de pilotage, l’absence totale de débat ouvert et les injonctions autoritaires de la présidence ont conduit à de grandes disparités entre formations.
Selon nos informations, bien des formations se sont affranchies de l’obligation de prendre en compte les critères dits "qualitatifs". Comment d’ailleurs faire vraiment autrement, tant ces critères variaient d’un établissement secondaire à l’autre, voire d’une classe à l’autre, et conduisaient de toute façon à une charge de travail ingérable pour les commissions de recrutement. Mais ce choix d’ignorer le qualitatif faisait sortir le processus de son cadre légal, qui impose normalement de l’intégrer. De plus, le nombre élevé de candidatures ex aequo a conduit à la mise en place de critères de départage développés ad hoc, pour ne pas dire bricolés, là encore en contradiction avec l’inapplicable loi ORE. Ces « arrangements » ne sont ne sont d’ailleurs pas propres à Paris 3, on les retrouve partout. Les universités sont désarmées face aux inévitables recours juridiques qui vont se multiplier à l’automne. Le Ministère aura alors beau jeu de se défausser de ses responsabilités sur ses trop crédules partisans locaux qui risquent fort de se retrouver seuls face aux contestations de leurs décisions.

Une sélection équitable à l’entrée des cursus universitaires est en soi une contradiction. Parcoursup a été développé sans réflexion sérieuse, ni par les Ministères qui ont mis en place cette réforme à la va-vite, ni par les Présidences zélées qui l’ont appliquée sans en comprendre les enjeux et les conséquences. Nous réitérons notre appel à un vrai débat national et démocratique sur la place et le rôle de l’enseignement supérieur en France et, localement, à un débat sur l’opportunité pour notre université de contrer autant que possible les effets négatifs de cette réforme

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