La CGT des établissements d’enseignement supérieur et de recherche

Réponse au Président Y. Berland

mardi 15 mai 2018

En réponse au Président de l’université, qui ose dire que la direction a toujours maintenu le dialogue, nous tenons à préciser quelques faits.

Une seule rencontre a eu lieu entre le président Berland et une délégation composée d’étudiant-e-s et de personnels, suite à une manifestation au Pharo qui a suivi la journée de mobilisation du 19 avril, et bien avant le premier dépôt de préavis de grève. Sans cette manifestation sous les fenêtres du Président, nul doute que nous n’aurions jamais obtenu de rencontre.

La preuve en est, notre organisation syndicale CGT a déposé trois préavis de grève depuis le 24 avril (comme la FSU et SUD), en accord avec les décisions des assemblées générales des personnels, et rappelant des revendications nationales et locales importantes. A ces préavis de grève, le Président n’a jamais donné aucune suite ! Ce n’est pas notre conception du dialogue social.

Nous précisons aussi que, contrairement à ce qu’écrit le Président, l’assemblée générale qui s’est tenue ce jour sur Saint-Charles n’était composée que d’étudiant-e-s et personnels d’AMU.

Par ailleurs, nous restons dubitatifs sur le fait que ce ne soit pas la direction de l’Université qui ait demandé l’intervention des forces de l’ordre. Si l’ordre ne provenait que du Préfet pourquoi celui-ci aurait pris une disposition d’évacuation violente des étudiant-e-s, qui bloquaient uniquement l’entrée du site, pour les laisser pendant deux heures sur la voie publique , bloquant toute circulation sur le haut de la Canebière ?

Nous réaffirmons donc notre rejet de toute intervention policière et demandons au Président d’ouvrir les négociations, auprès des étudiant-e-s comme des personnels plutôt que de lancer des menaces à peine voilées, par messagerie électronique.

Bien cordialement,
Le bureau syndical CGT de l’Université d’Aix-Marseille

Message à l’attention de l’ensemble de la communauté d’AMU

Chères et chers enseignant(e)s – chercheurs (-euses), enseignant(e)s, chercheurs (-euses), personnels administratifs et techniques,

Chères étudiantes, chers étudiants,

Je souhaite continuer à vous informer de l’évolution de la situation sur les sites de notre université dans le cadre des mouvements de contestation de la loi ORE.

1/ Concernant le site d’Aix-en-Provence, dont le bâtiment Egger de la faculté ALLSH a été partiellement bloqué pendant plus de 5 semaines : les examens ont tous pu se tenir et les blocages ont été levés lundi 7 mai.
Des dégradations importantes sont à déplorer dans ces locaux qui viennent d’être entièrement rénovés et modernisés au prix d’un effort financier considérable. Elles ont été constatées par huissier.
2/ S’agissant du site Saint-Charles, plusieurs locaux sont bloqués depuis plus de 5 semaines également. Ces blocages ont de forts impacts sur la vie de l’université, notamment sur la tenue des examens, le fonctionnement des services et les conditions de travail des personnels qui ne peuvent pas accéder à leurs bureaux.

A nouveau, je souhaite souligner le professionnalisme et le dévouement de tous les personnels, notamment sur ces deux sites, qui ont tout au long de cette période veillé à la continuité du service public.

Ma position a toujours été de maintenir le dialogue, de garantir la sécurité des personnels et des étudiants et de permettre la tenue des examens. J’ai ainsi rencontré des représentants étudiants et des membres du comité de mobilisation à deux reprises, dont un dernier rendez-vous de plus de 2 heures lundi 7 mai, en présence également de la vice-présidente du Conseil d’administration et du vice-président formation. A cette occasion, j’ai demandé à ces représentants de formaliser leurs revendications dans un document à me communiquer, document que je n’ai reçu que vendredi 11 mai à 22h40.
Je travaille depuis lors avec l’ensemble des doyens et directeurs de composante pour évoquer ces revendications, notamment en vue de programmer - comme je m’y étais engagé- une réunion avec les représentants du comité de mobilisation. Dans ce but, ce point avait été intégré à l’ordre du jour du conseil des directeurs de composantes prévu demain mardi 15 mai.

C’est dans ce contexte de volonté de concertation que l’entrée du site Canebière sur lequel devaient se dérouler des examens a été à son tour bloquée ce matin par une trentaine d’étudiants, nous contraignant à l’annulation des épreuves prévues, au grand désarroi des quelques 850 étudiants qui devaient composer. Cette attitude témoigne du manque de considération dont les bloqueurs font preuve vis-à-vis des autres étudiants et des personnels. Cette situation n’est pas acceptable.
Les autorités préfectorales ont dû déployer des forces de l’ordre afin d’assurer la sécurité sur la voie publique à l’extérieur du site, en dehors des locaux de la faculté. De nombreux manifestants qui n’étaient pas membres de notre université ont ensuite rejoint le mouvement avant de se déplacer sur le site Saint-Charles pour participer à une AG programmée à midi. Cette situation dépasse à présent totalement le cadre de la contestation universitaire.

Le non-respect des engagements pris par les représentants du comité de mobilisation étudiant, alors même que l’université a toujours maintenu le dialogue et veillé à ne pas attiser les tensions, ne me permet plus d’envisager en confiance la poursuite des échanges.
De nombreux personnels m’ont fait part de leur exaspération et de leur incompréhension face à ce mouvement, tout comme de nombreux étudiants m’ont exprimé leurs interrogations et leurs inquiétudes quant à la bonne tenue de leurs examens.
Jusqu’à ce jour le dialogue avait pu être maintenu. Aujourd’hui, avec le blocage d’un site d’examen, cet équilibre a été rompu et je le déplore sincèrement.

Comme je l’avais précisé dans mon précédent message du 26 avril, ma responsabilité est de continuer à maintenir la sécurité des personnes et des biens et d’assurer la tenue des examens. Soyez assurés que je m’y emploierai avec détermination.

Bien cordialement

Yvon Berland – Président d’Aix-Marseille Université

CGT FERC Sup - 263 rue de Paris - Case 544 - 93515 Montreuil Cédex - Tél. : (33) 01.55.827.628 - Fax : (33) 01.49.88.07.43 - Mél : ferc-sup@ferc.cgt.fr