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Syndicat CGT de l’Université Grenoble Alpes, Grenoble INP et de la ComUE UGA

Scoop : la présidence se soucie de démocratie et des conditions de travail !

lundi 16 avril 2018

Depuis une semaine, a lieu une sorte de petit miracle : il ne se passe pas un jour sans que le président de l’UGA envoie un message aux personnels au sujet de leurs conditions de travail, ce qui n’était jamais arrivé auparavant depuis son élection. Mais peut-être ces conditions de travail étaient-elles idylliques avant le 9 avril ?

Face à l’avalanche de courriers de la présidence et de ses auxiliaires de communication syndicaux, il nous semble cependant important de remarquer plusieurs éléments.

  1. Le président de l’UGA n’a toujours pas eu un mot ou expression publique, ne serait-ce que de simple compassion, pour les personnes, manifestants, étudiants, personnels de l’université, blessés et insultés violemment par la police le 22 mars sur le campus.
  2. En communiquant tous azimuts sur les blocages, en tentant de faire passer pour « incompréhensibles » les revendications des étudiants, la présidence élude les questions de fond portées par le mouvement : quelle université voulons-nous ? Quelle est notre vision du service public d’ESR ? et surtout, avec quels moyens ? L’objectif de l’AG des personnels du 12 avril était de discuter de ces sujets, et aussi — et surtout ! — de discuter des modalités de mobilisation des personnels pour obtenir ces moyens, et porter cette vision du service public.
  3. Certains éléments de ces communications relèvent de la désinformation : le déblocage du bâtiment des Alpilles à la faveur d’un examen national s’est fait en concertation, et avec l’aide active des étudiants, et n’est donc pas une décision autoritaire et unilatérale de la présidence. Il est aussi incorrect de prétendre que « les personnels hébergés dans le bâtiment Stendhal n’ont pas accès à leur bureau depuis le 9 avril », puisqu’un certain nombre d’entre eux ont justement eu accès à leur bureau, suite à la négociation avec les étudiants. Nous comprenons tout à fait le besoin de la présidence de faire passer les étudiants en grève pour des « individus radicalisés » avec qui tout dialogue est impossible, mais cela ne reflète heureusement pas la réalité. Les personnels présents en AG, qui ont pu discuter de manière apaisée avec les étudiants venus en délégation, ont pu s’en rendre compte.
  4. Nous notons une volonté forte de la présidence de décrédibiliser tout mouvement de contestation, en tentant de focaliser l’attention sur les « dégradations », « vols », « invectives » dont seraient responsables les étudiants, qui pourtant les rejettent, les préviennent, et les dénoncent massivement. Cette manière de communiquer est en complète contradiction avec la volonté affichée d’apaisement et de dialogue. Nous remarquons cependant, que certaines « invectives », et certains comportements sont passés volontairement sous silence : les propos et gestes injurieux et agressifs envers les étudiants d’un directeur de composante, en direct ou sur les réseaux sociaux ; révélation d’informations personnelles (résultats d’examens notamment) d’étudiants sur un réseau social public ; propos injurieux et agressifs envers les collègues de la part de ce même directeur de composante, qui profite par ailleurs de son influence d’enseignant et de directeur à travers un courriel envoyé à l’ensemble des étudiants de sa composante pour leur donner des consignes de vote, sans aucune réaction de la présidence. Dans d’autres composantes, des comportements de discrimination envers des collègues suspectés de soutien au mouvement étudiant nous ont aussi été rapportés.
    Et ces comportements viennent de collègues qui vont ensuite signer un texte appelant « au respect des personnels et étudiants de l’UGA », et estimant « important de relancer activement le dialogue entre étudiants, enseignants, et la présidence. »
    Pour autant, nous ne souhaitons pas faire d’amalgame, parmi les signataires de la lettre ouverte diffusée par l’UNSA, entre une poignée d’« individus radicalisés » (comme dirait le président) et leurs co-signataires sincères. Nous remercions ces derniers d’exprimer leur opinion et l’entendons. Ces signataires auraient pu, comme certains l’ont fait, l’exprimer en assemblée générale des personnels, ce qui aurait assurément enrichi la discussion.
    Cependant, il serait assurément sage d’arrêter de mépriser les étudiants contestataires et pacifiques en les considérant comme des concitoyens adultes plutôt que de les faire passer pour des casseurs ou des intrus.
    Il n’est pas surprenant que devant les discours contre-productifs des co-signataires et de la présidence il puisse y avoir des réactions malheureusement virulentes.
    Pour rappel, les étudiants ont voté le blocage à plus de 700 voix contre 250, soit à une écrasante majorité également. Comme rappelé durant l’AG du 12 avril 2018, il est facile de parler au nom de la « majorité silencieuse », sans prendre en compte dans cette « majorité » celles et ceux qui seraient favorables à la contestation.
  5. M. Lévy annonce par ailleurs une consultation électronique à la rentrée. Nous ne le savions pas si attaché au référendum comme mode de consultation de la communauté universitaire : nous n’avons pas le souvenir d’avoir été consultés par référendum pour la fusion, par exemple. Mais mieux vaut tard que jamais ! Nous sommes prêts à relever le défi, et nous sommes disponibles pour négocier un ensemble de sujets à soumettre au vote : modalités d’application de la loi Vidal, mode de répartition des financements de l’Idex, régimes indemnitaires, université intégrée... (par contre évidemment, pas au vote électronique, auquel nous restons farouchement opposés).

Ces éléments montrent que les décisions prises ces derniers jours par la présidence ne l’ont pas été dans un souci d’apaisement ou de dialogue, ni dans l’intérêt des personnels. Ce qu’il faut bien appeler une stratégie d’épuisement n’a qu’un seul objectif : étouffer au plus vite le mouvement de contestation, pour éviter que de plus en plus d’étudiants, et de personnels, ne se saisissent de sujets de fond :

La loi ORE est-elle une loi d’orientation ou de sélection ?

L’autonomie, les fusions d’universités, les Comue et politiques d’« excellence » ont-elles permis d’améliorer les conditions de travail des personnels, et la vie démocratique par exemple à l’UGA ?

La casse du statut de fonctionnaire, et plus généralement les attaques contre la fonction publique, parallèle aux pouvoirs de plus en plus important des présidents d’université, ne met-elle pas le service public de l’ESR en danger ?

N’y a-t-il pas un lien entre ces sujets qui nous concernent directement, la casse globale d’autres services publics (l’hôpital, l’éducation, les transports…), l’attaque d’autres statuts protecteurs comme celui des cheminots, et ce que chacun de nous vit quotidiennement, au travail ou non ?

La mobilisation qui grandit dans tous les secteurs commence à changer le rapport de force, et le gouvernement, comme notre présidence locale, n’ont peur que d’une chose : que ce lien dans les têtes se transforme en convergence dans les luttes !

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