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Un étudiant risque-t-il de se faire tabasser à l’intérieur d’une université publique française ? La réponse est oui

lundi 26 mars 2018

Montpellier, 22 mars 2018 : des étudiants réunis pacifiquement dans un amphi voient brusquement débarquer une milice cagoulée, armée de bâtons, de gants de frappe et d’un taser, qui interviennent pour évacuer manu militari les lieux. Résultat : coups, violences, propos racistes et homophobes, haineux. Plusieurs étudiants sont encore à cette heure à l’hôpital. Des doutes existent quant au rôle joué dans cette intervention par le doyen de la faculté de droit.

Ces dernières semaines, nombreux sont les universitaires à avoir été choqués par l’envoi des CRS dans les murs de l’université de Bordeaux pour évacuer, encore une fois, une AG pacifique d’étudiants (6 mars). Le 22 mars, à l’université Grenoble Alpes, une intervention policière violente a eu lieu au cours d’un colloque, une dizaine de personnes a été blessée par la police. En décembre dernier, un amphi de l’université de Lille 3 avait également été évacué par la police.

En France, les universités bénéficient d’un statut particulier, la franchise universitaire qui, sauf demande expresse du président d’établissement, empêche les forces de l’ordre d’y pénétrer. Cette franchise universitaire, existe depuis le moyen-âge, car l’université, en France, a conquis au cours des siècles son indépendance contre les ingérences du pouvoir et du clergé.

Aujourd’hui, en 2018, les forces de l’ordre y sont régulièrement appelées, et dernière nouveautés, des commandos cagoulés y sont introduits pour agresser violemment les étudiants qui pensent se trouver dans une enceinte protégée, un lieu de savoir, de débat, de liberté dans la recherche et la formation.

Nous appelons l’ensemble de la communauté universitaire à réagir face à ces dérives inacceptables. L’implication éventuelle de certains responsables universitaires dans ces violences doit être élucidée au plus vite.

Les présidents d’université doivent garantir aux étudiants et aux personnels des universités, sans recourir à un maintien de l’ordre autoritaire et violent, le respect du droit de débat dans des lieux dévoués à la recherche et à l’enseignement.

La CGT FERC Sup Paris 3, le 24 mars 2018

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