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La honte

vendredi 2 mars 2018

Nous, syndicats CGT, SUD, SNCS-FSU, Solidaires étudiant.e.s de Sorbonne Université, avons ci-dessous corrigé le texte de la direction générale envoyé le 28 février, en barrant les contre-vérités et en ajoutant en gras les éléments nécessaires à la compréhension des faits réels.

Mesdames, Messieurs, Cher.e.s collègues,

Ce mercredi 28 février 2018 matin, une centaine de personnes dont une quinzaine trentaine de migrants ont investi un bâtiment préfabriqué du campus Pierre et Marie Curie de Sorbonne Université. Ce préfabriqué désaffecté, qui a été utilisé pendant la période de réhabilitation du campus, ne sert plus à rien depuis 2 ans, est destiné à être démoli à une date que toute la communauté universitaire ignore y compris la Présidence, mais dispose toujours du chauffage et de l’eau courante.

En parallèle, des appels à l’occupation du site au soutien des réfugiés ont été massivement diffusés sur les réseaux sociaux et à l’université.

Aussi, dans la panique et en invoquant pour des raisons de sécurité des biens et des personnes sans fondement puisque l’occupation se passait dans le calme, les entrées du campus ont dû être fermées à partir de 14h. Le bon fonctionnement du campus a été perturbé. Des cours, des partiels et des TP ont été annulés. Trente personnes épuisées par plusieurs années à vivre dehors sans manger à leur faim dans la crainte et le froid nous mettaient-elles vraiment en danger ?

Un dialogue a été engagé avec des représentants des occupants et un délégué migrant, une collègue du RESOME (Réseau Etudes Supérieures et Orientation des Migrant.e.s et Exilé.e.s), un délégué étudiant et des organisations syndicales, CGT, SNCS, SUD.

A la demande de la délégation qui a insisté fortement, l’Université s’est attachée à ce que soit garantie la sécurité de tous tant que les négociations étaient en cours.

La demande de la délégation était que le président ne donne pas l’ordre aux forces de police d’évacuer (ce qui aurait donné lieu à des arrestations) et qu’ils soient hébergés à l’université le temps de trouver une solution digne et viable. La délégation a alerté sur le problème des centres d’hébergements saturés. Ces centres deviennent pour les migrants des lieux de tri pour les reconduire aux frontières. Nous n’avons pas été entendus.

Elle [l’Université] s’est également employée à ce qu’une solution d’hébergement soit proposée par les autorités publiques. Des places ont pu être proposées dans un centre d’accueil humanitaire dans Paris intramuros.

Bien évidemment, cette solution a été refusée par les personnes concernées car elle présentait un risque certain de reconduite à la frontière, en raison de la « procédure Dublin » et de la nouvelle loi sur l’immigration.

La présidence de l’université a alors lancé un ultimatum aux occupants : partir immédiatement sans être interpellés, ou être délogés par la police.

Devant ce manque d’humanité et d’empathie, les occupants ont quitté « volontairement » le campus dans le calme aux alentours de 17h escortés par leurs soutiens ayant pour seule garantie qu’il n’y aurait pas d’intervention policière immédiate.

Le campus sera de nouveau accessible dans les conditions habituelles à compter du jeudi 1er mars au matin. Les réfugiés seront de nouveau à la rue.

Tous, les migrants comme les personnes présentes en soutien, étaient, et sont encore choqués, de l’absence d’humanité de la présidence de l’université.

Nous appelons les personnels et les étudiants au rassemblement mercredi 7 mars à partir de 13h au pied de la tour Zamansky pour exprimer notre indignation suite à la décision d’expulser des réfugiés du campus de Jussieu.

Je vous remercie de bien vouloir transmettre ces informations aux personnes de vos réseaux respectifs qui ont pu être affectées par la fermeture temporaire du site.

Cordialement, fraternellement et solidairement,

La direction générale, texte revu et corrigé par CGT,SNCS-FSU, SUD et Solidaires étudiant.e.s

La CGT (Ferc-sup Sorbonne Université et SNTRS) le SNCS-FSU et SUD Education, Solidaires étudiant.e.s condamnent l’attitude de la direction de Sorbonne Université. Nous saluons l’attitude des collègues et des étudiants qui ont marqué leur solidarité avec les migrants.

Pour continuer, nous appelons à soutenir la lutte des migrants, ainsi que, les travailleurs sans papier qui occupent l’entreprise Defi Technologie (16 avenue Daumesnil paris 12ème) pour obtenir leur régularisation. Tout geste de soutien est important : visite sur le site, solidarité financière sur place.

CGT FERC Sup - 263 rue de Paris - Case 544 - 93515 Montreuil Cédex - Tél. : 01 55 82 76 28 - Fax : (33) 01.49.88.07.43 - Couriel : ferc-sup@ferc.cgt.fr