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CNESER 23.10.2017 • Sorbonne Université : déclaration de la CGT FERC Sup

vendredi 27 octobre 2017

En 2005 une association loi de 1901 au nom pompeux est créée avec pour objectifs médiocres d’accroître et la visibilité et le rang dans des classements douteux des établissements d’enseignement supérieur parisiens qui la constituent.

Lui succède en 2010 le Pôle de recherche et d’enseignement supérieur (PRES) « Sorbonne Universités » sous forme d’une fondation de coopération scientifique (FCS), dans le cadre de la loi d’orientation de programme et de recherche du 18 avril 2006.(Paris 2, Paris 4 et Paris 6) destinée à drainer les fonds des « initiatives d’excellences » du grand emprunt qui s’adressent en priorité aux PRES.

La fondation incontournable en 2010 est supprimée par la loi ESR dite Fioraso de 2013. Conséquence, le discours dans les établissements change à nouveau : c’est la ComUE et rien d’autre. Mais lorsque le décret créant la ComUE (Sorbonne Universités) sort en 2016, la fusion est déjà lancée. Aujourd’hui on nous demande pour la 5ème fois de nous enthousiasmer pour une fusion « indispensable » et sa non moins indispensable association.

Le décret d’abrogation fait partie de cette triste mécanique de contraintes qui tient les établissements depuis plus de 10 ans. Cela présente peu d’intérêt.

Dès 2011, la Cour des comptes reprochait notamment des résultats décevants en matière de formation comme de recherche par rapport aux coûts induits par les PRES. Aujourd’hui, on peut constater que sur 5000 étudiants inscrits en première année de licence à Paris 6 (université Pierre et Marie Curie), 135 à peine sont inscrits dans des doubles cursus impliquant différents partenaires. Autre conséquence : L’INSEAD, école privée dont les droits d’inscription donnés en 2016 s’élevaient déjà à 95710 euros, délivre désormais des doctorats via « Sorbonne universités ». Le remplacement des titulaires par des contractuels (car les cotisations salariales sont à peu près deux fois moins importantes) monte en puissance puisque la moitié des ingénieurs de recherche sont des emplois contractuels à Paris 6 (UPMC). Le manque de démocratie s’installe : le sénat académique de « Sorbonne universités » a dysfonctionné depuis quasiment sa création Les coopérations interuniversitaires sont menacées hors de l’IDEX. Aujourd’hui, la fusion se poursuit sans consultation des agents, au mépris des demandes d’expertises des CHSCT d’établissement et sans réponses sur l’organisation du travail future des agents. (les agents de Paris 4 ont constaté qu’un seul responsable sur 11 est originaire de leur établissement).

Pourtant, les conditions de travail, c’est bien ce qui nous intéresse plus directement ! Nous constatons la dégradation du service public d’enseignement supérieur et de recherche. En cause : la baisse des financements que ne compensent pas les financements du Programme d’investissements d’avenir (PIA), l’absence de financement du glissement vieillesse technicité qui mécaniquement affecte les budgets des établissements, des soutiens financiers insuffisants ou absents pour faire face à l’entretien des locaux vieillissants.
Conséquences, les établissements font des réserves sur la masse salariale au lieu de renouveler les départs en retraite (perte de près de 10 postes d’enseignant·e·s-chercheur·e·s sur l’UPMC en 2 ans). La baisse de recrutements des titulaires affecte directement et la qualité du service rendu et les perspectives de carrière de l’ensemble des collègues, proches du néant. Les conditions de travail se dégradent : la charge de travail ne cesse d’augmenter pour nos collègues entraînant tension, mal-être et conflits éthiques en lien avec la perte de sens dans l’exercice de tous nos métiers au jour le jour. Les risques psycho-sociaux montent en puissance : décloisonnement entre vie personnelle et vie professionnelle, stress, épuisement professionnel, souffrance, harcèlement…

Fusion et association qui en découlent ne sont pas des réponses à la hauteur de ces questions importantes et des enjeux.
Nous voterons contre le décret association comme nous avons voté contre la fusion des universités Paris 6 et Paris 4.
Autre conséquence symbolique du processus en cours : la disparition des noms de Pierre et Marie Curie pas assez « bankables » comme on dit dans le show business, c’est bien triste.

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