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La hausse de la rémunération des thésards, une mesure en trompe-l’œil

lundi 10 octobre 2016

(article tiré du journal Le Monde.fr, du 13 septembre 2016 – Adrien de Tricornot)

[…] Les associations de jeunes chercheurs et de précaires du supérieur sont inquiets depuis la parution, le 29 août, de l’arrêté « fixant le montant de la rémunération du doctorant contractuel ». Le texte porte leur « rémunération mensuelle minimale » de 1 695 à 1 758 euros brut à partir de la rentrée 2016. En net, la hausse est d’environ 100 euros, pour atteindre 1 400 euros par mois. Mais l’arrêté prévoit également un changement de régime pour les heures d’enseignement qu’assurent un grand nombre de thésards. Jusqu’à maintenant, des « missions complémentaires » au contrat doctoral prévoyaient 64 heures d’enseignement par an, et permettaient de porter sa rémunération à 1 650 euros net.
Désormais, les nouveaux doctorants pourront choisir d’enseigner entre 0 et 64 heures, mais ces heures seront moins bien payées. Ceux qui atteindront le plafond de 64 heures toucheront au total 1 600 euros, soit 50 euros de moins que précédemment. Les doctorants qui vont commencer à enseigner lors de cette rentrée sont pourtant « indispensables pour les cours », s’insurge un de leurs futurs collègues. « Là où on frise le ridicule, c’est que cette limite des 64 heures était dépassée allègrement – et illégalement certaines années, et qu’une grande partie de ces jeunes a besoin de ces 64 heures pour valider un concours d’enseignement », ajoute-t-il.[…]
La Confédération des jeunes chercheurs (CJC) n’est pas convaincue : « On a augmenté la rémunération du contrat doctoral simple… mais au détriment de celle du contrat doctoral
avec mission complémentaire, ce qui est symptomatique de ce qui se passe dans l’enseignement supérieur et la recherche, où plus de flexibilité sert à justifier plus d’économies », dénonce une de ses responsables. La CJC, qui dénonçait dans un communiqué de juin un « arrêt de mort des missions doctorales », voit ainsi ses craintes justifiées. Elle rappelle aussi que les rémunérations, tout comme le volume des contrats doctoraux, restent insuffisants : beaucoup de thésards doivent se contenter d’assurer des cours comme vacataires avec des petits boulots pour financer leurs recherches.

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