La CGT des établissements d’enseignement supérieur et de recherche

Lettre ouverte du SNEAD Avignon au Maire d’Avignon

dimanche 31 juillet 2016

Jean-Marc Réol, engagé comme médiateur dans la crise que traverse l’école d’Avignon a jeté l’éponge.

Voici une lettre ouverte que le SNEAD CGT de l’école vient de faire parvenir au Maire :


Vendredi 29 juillet 2016

Lettre ouverte à Madame Cécile Helle, Maire d’Avignon

Madame Cécile Helle, Maire d’Avignon

Suite au dernier CA concernant le devenir de notre établissement qui s’est tenu le 11 de ce mois, nous tenons à attirer votre attention sur des faits qui nous paraissent d’une extrême gravité.

Vous savez que le 20 avril, suite à une assemblée générale dirigée par Mme Boulard, directrice de l’établissement, les étudiants extrêmement choqués par ses propos avaient démonté soigneusement son bureau et celui de son assistant.

Les étudiants, comme les enseignants et personnels administratifs, étaient confrontés depuis sa prise de poste dix-huit mois auparavant à une autorité arbitraire, incompétente et mortifère, qui avait conduit à subir au quotidien les décisions et humeurs délirantes d’une directrice dépassée dans l’exercice de sa fonction, privant chacun de pouvoir travailler.

Nous aurions pu espérer de la part d’un Conseil d’Administration et des tutelles que soient prises au sérieux les multiples alertes émises depuis plusieurs mois sur les graves dysfonctionnements de l’établissement, les manquements relevés, et une écoute attentive à la souffrance des personnels sérieusement touchés par un autoritarisme aussi virulent qu’inepte. Il n’en fut rien.

Lors d’une rencontre en mairie avec Mesdames Corine Ramelly et Stéphanie Morel le 25 avril, il nous fut demandé de fournir les preuves justifiant cette mise en cause de la direction, ce que nous fîmes (enseignants et personnels administratifs), tout en s’investissant pour remettre en route les possibilités de terminer l’année scolaire et conduire avec succès les étudiants à l’obtention de leurs diplômes, démentant une fois de plus les rumeurs négatives entretenues d’une école défaillante (pour quel desseins ?).

Une synthèse des attestations produites a été remise aux membres du CA qui ont convenu de la nécessité d’un changement de gouvernance.

Cependant, évoquant une analyse financière dont personne n’a le détail, Mme Boulard, s’appuyant sur un déficit présumé de 77 000€, a décidé d’un non renouvellement des contrats de personnes en CDD arrivant cet été à échéance. Ceci, s’ajoutant aux licenciements de l’année précédente, met sérieusement en péril la possibilité d’assurer l’enseignement selon les obligations des diplômes préparés, et particulièrement en conservation-restauration.

Mme Boulard et son assistant, tout en restant à leurs domiciles et ne contribuant aucunement au fonctionnement de l’école sinon pour tenter d’entraver encore ce qui pourrait l’être, perçoivent, eux, toujours leurs deux salaires augmentés de primes de mérite (!) dont le montant chargé de près de 10000€ mensuels équivaut aux salaires de 4 voire 5 enseignants à plein temps.

Non moins ahurissant, le dernier CA nous a appris que Mme Boulard qui sera licenciée (et non invitée à démissionner) trouverait à la Mairie ou à la Drac une mission pour poursuivre sa carrière.

Et tous les enseignants et personnels techniques et administratifs projetés dehors par Mme Boulard recevront-ils une mission à la mairie ou à la Drac ? Ou bien faut-il faire la preuve d’une gestion fautive et d’une capacité à mettre une école à genoux pour bénéficier de soutiens amicaux et fraternels aveugles assez pour effacer toute notion de moralité ?

A moins qu’il n’y ait lieu de féliciter Mme Boulard d’avoir tenté de détruire une école d’art qui existe depuis des générations avant elle, et dont vous avez la responsabilité morale ?

Ignorez-vous que cette conduite des affaires publiques alimente une dénonciation des élites qui emplit les urnes électorales dans un sens particulièrement catastrophique ?

Est-ce à nous enseignants et personnels administratifs de solliciter la cour des comptes et le tribunal administratif pour clarifier une indignité que nous, simples électeurs, ne pouvons plus supporter ?

Nous demanderions alors à tous les usagers de l’établissement (étudiants compris) d’enrichir le triste tableau d’une école anéantie par la plus triste expérience du pouvoir qui puisse s’exercer aujourd’hui.

Nous croyons encore qu’une école d’art exige – à l’égard des générations présentes et futures – une autre idée de la moralité.

Nous vous prions de mettre en œuvre d’urgence les moyens de suspendre une situation ubuesque qui met en péril une école dont vous assurez qu’elle doit avoir un avenir, et ceux visant à établir sa situation financière réelle pour que les enseignants et personnels conscients de leurs responsabilités, attachés à préparer l’année scolaire prochaine, puissent agir en connaissance de cause.

Dans l’attente urgente d’une réponse sérieuse de votre part, recevez, Madame le Maire, nos salutations.

Les enseignants et personnels administratifs de l’EPCC ESAA

Le Syndicat National des Ecoles d’Art et de Design - CGT

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