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Hommage à Georges Séguy

jeudi 8 septembre 2016

L’hommage de la CGT à Georges Séguy le 20 septembre 2016

La CGT a rendu, mardi 20 septembre, dans le patio de la CGT à Montreuil, un hommage à Georges Séguy, secrétaire général de la CGT de 1967 à 1982. Y ont participé Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT et Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste français en présence de la famille de Georges.

« Il ne suffit pas de s’indigner, il faut s’engager » [1]

Avec la mort de Georges Séguy, le 13 août 2016, disparaît un militant de la classe ouvrière et un personnage majeur de l’histoire du mouvement ouvrier français.
En tant que jeune communiste, Georges Séguy s’engage dans la Résistance avant même que le pouvoir de Pétain soit mis en place, en juillet 1940. Car comme le disait son père, « le fascisme, c’est beaucoup plus dangereux que le choléra. » Il est arrêté par la Gestapo 2 ans plus tard et est déporté à Mauthausen. À son retour, il est embauché à la SNCF où il adhère à la CGT. Il avait fait sien le serment des anciens de Mauthausen de poursuivre la lutte « pour l’édification d’un monde nouveau, libre et juste pour tous ».

Il prend une part active au vaste mouvement de grèves de 1947. En 1967, au 36e Congrès, il est élu secrétaire général de la CGT. Il exercera cette responsabilité jusqu’en 1982. À ce titre, il sera l’un des acteurs incontournables de Mai 68 et l’un des principaux négociateurs aux côtés de Benoît Frachon des accords de Grenelle, arrachés au patronat et au gouvernement de Georges Pompidou par la grève générale. Il sera confronté aux questions complexes posées par les rapports de la CGT avec les exigences et revendications des mouvements étudiants et par l’articulation jamais simple ni facile entre mobilisation et négociation.

Georges Séguy a contribué pour une large part au long processus de clarification des rapports de la CGT aux partis politiques. Au congrès de Grenoble de 1978, il invite la confédération à une réflexion stratégique nouvelle, notamment sur son rapport aux salariés, la démocratie syndicale, l’unité des organisations de travailleurs, ou encore sur l’articulation des luttes sociales avec les processus de transformation politique. Convaincu de la nécessité de l’unité de la classe ouvrière, il a proposé, en vain, aux autres organisations syndicales, la création d’un Comité national d’unité d’action. Dans le même temps, Georges Séguy commence à dégager la CGT de la Fédération syndicale mondiale, dont le siège est alors à Prague.

En 1982, cependant, il s’éloigne de ses responsabilités nationales au sein de la CGT comme du PCF. Il n’abandonne pas pour autant la vie militante ; il assurera la présidence de l’Institut d’histoire sociale de la CGT dont il est l’un des fondateurs et s’investira dans d’innombrables combats, tel celui du désarmement nucléaire qui l’avait placé au nombre des initiateurs de l’Appel des Cent pour la paix, à un moment où l’Europe vivait les débuts d’une nouvelle Guerre froide.

La disparition de Georges Séguy intervient dans un contexte où le gouvernement Valls/Hollande, la droite et le patronat mènent une violente campagne contre la CGT, criminalisent ses militants tout en poursuivant une politique d’insécurité sociale revendiquée et assumée avec la loi contre le Travail et la prolongation sans limites de l’état d’urgence ; un contexte glauque de tentatives d’enfumage médiatique autour de l’Islam et de rhétorique xénophobe avec pour objectifs d’opposer entre eux les citoyens sur des affaires religieuses, afin de mieux escamoter les véritables enjeux de classe.

Dans ce contexte, le parcours militant de notre camarade Georges Séguy est un legs précieux qui aurait pu éclairer l’hommage perfide que lui a rendu le président de la République.

Ses engagements, comme combattant antifasciste, comme militant syndical et politique, sont des encouragements pour celles et ceux qui, en cette rentrée, reprennent la lutte contre la loi scélérate de régression sociale que le gouvernement a lancée contre le monde du travail.

Les propos qu’il tenait en 2007 ont une terrible résonance pour toutes celles et tous ceux qui ne veulent pas se résoudre à accepter ni la régression sociale ni le renoncement aux valeurs de la démocratie.

«  Parmi les raisons qui nous ont poussés à nous engager dans la Résistance, je voudrais en mentionner une qui prend de nos jours une signification particulière : notre refus de nous incliner devant les lois du gouvernement de l’État français légalement constitué à Vichy en juillet 1940. Notre volonté de nous insurger contre la politique de trahison de ce pouvoir maudit.

Cette désobéissance à la législation en vigueur nous a valu d’être calomniés, persécutés, emprisonnés, déportés dans les camps de la mort, et même comme Guy Môquet et ses camarades de Châteaubriant, d’être fusillés. Puis, après la Libération, d’être félicités, cités en exemple et souvent décorés.

On comprend pourquoi cet aspect de notre engagement dans la Résistance est de plus en plus occulté dans l’enseignement public, et pourquoi ce moment de notre histoire nationale est l’objet d’une amnésie officielle préméditée. Cela vise à permettre à l’actuel gouvernement légal de l’État français de détruire systématiquement les avancées sociales et démocratiques de la Résistance.  »
Georges Séguy
L’Humanité, 22 octobre 2007

La CGT rendra hommage à Georges Séguy le 20 septembre 2016 à Montreuil.

Bureau national de la CGT FERC Sup
Montreuil, le 8 septembre 2016

"Il ne suffit pas de s’indigner, il faut s’engager"

Georges Séguy, figure emblématique du syndicalisme français

Communiqué de l’Institut d’Histoire Sociale CGT

Georges Séguy, un typographe, un résistant, un défenseur des salariés… sur le site Info’Com-CGT

Hommage rendu par la CGT à Georges SEGUY, le 18 août 2016

Communiqué Info’Com-CGT du 16 août 2016

Une grande figure de la CGT et du syndicalismeVoir en ligne

Georges Séguy : une vie de combat pour le progrès social dans L’Humanité du 14 août 2016.

Pendant le 50e congrès confédéral de Toulouse (mars 2013)


50 ème congrès CGT • 18 mars 2013 • Extraits du discours de Georges Séguy pour l’inauguration de l’esplanade Georges Séguy et le dévoilement d’une plaque, célébrant le congrès de la réunification de 1936 dans la salle Jean Mermoz à Toulouse par marc_gballou

Notes

[1Georges Séguy, 18 mars 2013, 50e congrès CGT • Discours pour l’inauguration de l’esplanade Georges Séguy et le dévoilement d’une plaque célébrant le congrès de la réunification de 1936 dans la salle Jean Mermoz à Toulouse

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