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Retour sur le Conseil d’Adminstration du 27 mai 2016 : fin de l’idex

jeudi 30 juin 2016

Lors du Conseil d’Administration du 27 mai dernier sur l’arrêt de l’Idex USPC(9 notes : 1A, 4B et 4C), Carle Bonafous-Murat a déclaré que "C’est un échec et (il) l’assume". Il rappelle que l’État et le CGI (commissariat général à l’investissement) propose un accompagnement si USPC montre un changement d’orientation rapidement. Il annonce que la COMUE USPC se maintient, tous les chefs d’établissement qui la composent restent en poste. Il distingue 3 scénarios possibles :

  • A) Rester dans la situation actuelle.
  • B) Rester au sein de la COMUE USPC et montrer ce qui distingue Paris 3 des autres universités en développant certains secteurs au détriment d’autres.
  • C) Examiner collectivement une forme d’intégration plus forte, une fusion.

Nos représentants ont demandé quelles sont les échéances en faisant allusion au courrier de Mérindol qui souhaite une fusion très rapidement (décision de fusion début juillet). Carle Bonafous-Murat répond que rien ne se décidera à Paris 3 dans ces délais. Il ajoute que nous avons besoin de plus de temps de réflexion et qu’à son sens Jean-Yves Mérindol ne peut pas imposer de calendrier.

À noter que les élus de la liste de la présidence sont peu intervenus lors de la discussion.
Un seul d’entre eux a déclaré qu’il ne voyait que la fusion comme issue, même si ça ne lui faisait pas plaisir.
Une autre élue de la même liste a expliqué clairement qu’il n’y avait aucune adhésion de la communauté, donc que la fusion n’était ni possible, ni souhaitable.
Un troisième a expliqué qu’il fallait des liens forts entre les établissements de la COMUE... mais s’est refusé à parler de fusion.
Un cadre dirigeant du secteur privé (personnalité extérieure) s’est exprimé en allant dans notre sens. D’après lui, qu’il y ait fusion ou pas fusion, il faut d’abord discuter des objectifs, et surtout demander quel est le projet scientifique. Une fois une réponse fournie, on peut réfléchir à quelle structure convient, mais pas avant.

Nos représentants ont pris position en rebondissant sur ce qui avait été dit par Carle Bonafous-Murat. Le président a acté que l’on vivait la plus grande mutation de l’ESR depuis la loi Faure, nous avons rappelé que la loi Fioraso était effectivement un énorme plan de restructuration de l’ESR. Nous avons précisé que le gouvernement a bien pour objectif que dans chaque COMUE, il y ait une université fusionnée qui fédère le reste des organismes de recherche. Le gouvernement avait clairement expliqué que la création des COMUE était un premier pas et qu’il se servirait des pressions sur les dotations pour arriver à ses objectifs. On le vit d’ailleurs ces jours-ci avec le chantage maintien des subventions IDEX contre fusion. On va le vivre au prochain quadriennal avec des promesses de plus de financement si mouvement vers la fusion ET suppression des doublons.
En région, le gouvernement impose un regroupement par région. En Ile de France, les périmètres de la restructuration ne sont pas arrêtés et peuvent encore bouger. La CGT pour sa part revendique une coopération de l’ensemble des universités d’Ile de France et l’arrêt des restructurations (COMUE et fusion).

Nous avons réaffirmé qu’il n’y avait aucun projet scientifique cohérent pour USPC, donc aucune adhésion de la communauté à ce projet. Et nous nous sommes exprimés contre le maintien de cette couche supplémentaire de bureaucratie, très coûteuse au demeurant.

Budget rectificatif

Concernant, le budget rectificatif et IDEX (BR), nos représentants ont noté de sérieux doutes... non levés ! On savait déjà que l’IDEX coûtait cher à Paris 3, pour des bénéfices assez discutables. Nos représentants ont appris que les fonds de l’IDEX ont en plus donné lieu à de sérieuses erreurs de gestion, que la Présidence refuse de surcroît de soumettre au contrôle du CA comme la loi lui en fait pourtant obligation. C’est la commission du budget qui a découvert que de l’argent de préfiguration du pôle USPC HALL avait été versé directement sur les lignes budgétaires de l’UFR LLD, et non sur celles de la DIRVED ou de la DEVU alors que cet argent devait servir à des projets de Recherche et pédagogique. Le VP finance a déclaré qu’il ne comprenait pas comment cela avait pu se produire, c’est bien sûr complètement en dehors des règles et usages. Il a ajouté qu’un tel incident ne se reproduirait plus puisque nous n’avions plus l’Idex …

Nos représentants ont demandé où se trouvaient ces lignes sur le budget rectificatif ; il a été répondu qu’elles ne se voyaient pas sur les documents fournis aux conseillers, ce qui implique que ces derniers n’ont pas les documents nécessaires pour repérer des erreurs ou des malversations éventuelles. Nos représentants ont donc voté contre le Budget Rectificatif, d’autant plus qu’il a été refusé de communiquer aux conseillers les documents de la commission du budget, au motif que ces documents seraient trop compliqués à comprendre. Nous sommes censés demander un rendez-vous pour en prendre connaissance.
Curieuse façon de concevoir le rôle légal de contrôle budgétaire censé être exercé par le Conseil d’administration...

le schéma pluriannuel de stratégies immobilières

Concernant le schéma pluriannuel de stratégies immobilières, les maquillages de chiffres continuent. Le document communiqué au dernier C.A., et élaboré avec la DPIL et Athégram, continue à présenter la situation à Picpus de manière erronée —pour rester charitable. Le schéma conclut que le transfert à Picpus se soldera par 13,8% d’augmentation de surface utile. Ce que nos représentants ont contesté, et pour cause : le calcul inclut les 1600 m² de la nouvelle cafétéria de Picpus, alors que nous n’avions pas de cafétéria CROUS à Censier même. Pour comparer ce qui est comparable, il faudrait soit inclure dans les surfaces de Censier les 2000 m² du CROUS que nous utilisons actuellement, soit exclure des surfaces de Picpus cette nouvelle activité qui n’existait pas dans les bâtiments de Censier proprement dit. On arriverait alors à 5% d’augmentation de surface environ, et non 13,8 !
La VP Immobilier a affirmé que la future cafétéria sera modulable et multi usage (usage limité quand même, une cafétéria utilisée par des milliers d’étudiant-e-s ne pouvant guère se transformer en salles de cours en un quart d’heure...), mais nous n’avons à ce jour aucune précision sur ce point. En tout état de cause, présenter Picpus comme beaucoup plus vaste que Censier demande une mauvaise foi certaine.
Autre manipulation, sur les coûts de maintenance cette fois, le schéma affiche une baisse de 10% desdits coûts, alors que les chiffres du même document prouvent... le contraire ! Le bâtiment serait certes 10% moins cher au m², du moins en l’état actuel du projet, mais comme il est de 5% plus vaste, et qu’il faut lui ajouter la cafétéria déjà mentionnée, au final le coût de maintenance est supérieur au coût actuel. La tranquille sérénité affichée par la Présidence et la VP immobilier cache donc un réel manque de contrôle sur ce projet, qui pourrait aboutir à mettre l’Université en difficulté financière dès le lendemain de son déménagement en l’absence de hausse des subventions de l’état.

Enfin, malgré les discussions engagées sur le futur de l’Institut du Monde Anglophone, et le fait que la direction affirme vouloir garder l’IMA, le document ne contient aucun argumentaire en ce sens en direction du ministère… L’affirmation de principe du maintien de l’IMA dans les locaux de P3 semble surtout devoir servir à désamorcer l’opposition d’un groupe influent qui milite pour le conserver, et à justifier l’affichage d’une augmentation du nombre de m²…
Nos représentants ont donc voté contre ce document… et ont été les seuls à le faire.

Vos élu-e-s CGT FERC SUP Paris 3 au Conseil d’Administration

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