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Syndicat CGT FERC Sup - CGT-UT2J • Université Toulouse-Jean Jaurès

Congrès de l’UT2J • Déclaration du syndicat CGT FERC Sup de l’UT2J

mercredi 29 juin 2016

Le 29 avril 2016 l’université fédérale Toulouse Midi-Pyrénées apprenait qu’elle avait perdu son IdEx (pour Initiative D’Excellence) UNITI. Celui-ci avait été accordé en 2012 à l’Université de Toulouse et ses 24 établissements en raison de sa « capacité à construire sur le territoire toulousain un projet ambitieux pour promouvoir l’excellence scientifique et pédagogique ». Mais, le bilan à mi parcours est insuffisant. Le jury international et le premier ministre n’ont apparemment pas réussi à trouver « l’évolution du périmètre d’excellence » du projet officiellement porté par le site toulousain. Le communiqué de presse du ministère est clair : l’objectif de l’IdEx, c’est-à-dire la « constitution d’UNE université de recherche », ne peut être atteint sans « mesures de rupture ». Le premier ministre reconnaît d’ailleurs la difficulté de cet objectif. C’est pourquoi il propose aux recalés un appui pour la « reconstitution d’un horizon stratégique d’université de recherche. »

Le syndicat CGT FERC Sup de l’UT2J est conforté dans l’analyse qu’il fait depuis des années et réaffirme son opposition résolue à la restructuration régionaliste d’ampleur du secteur, imposée par les lois LRU-Pécresse (2007) et LRU-Fioraso (2013). Avec la réforme territoriale de l’État, c’est une attaque d’envergure contre l’ensemble des services publics.

Nous notons par exemple qu’à Aix-Marseille, Montpellier et à Bordeaux (universités fusionnées), les directions administratives ont été centralisées et éloignées des centres d’enseignement et de recherche. Ailleurs, des UFR sont fusionnées. À Aix-Marseille, Bordeaux, Montpellier, Grenoble… les personnels sont obligés de changer de lieu de travail ou de fonction, au gré des fusions, délocalisations et restructurations. Les personnels qui subissent ces « mobilités induites », sont souvent obligés de postuler sur leurs propres postes. À Lille, à Angers, en Lorraine… les ComUE permettent de faire rentrer des établissements privés, dont les instituts catholiques, dans le giron du public, au mépris de la laïcité. La régionalisation crée des établissements gigantesques, hors d’échelle, dans lesquels les niveaux hiérarchiques se multiplient : par exemple « l’université confédérale » de Poitiers-Tours-Orléans-Limoges-La Rochelle ou l’université d’Aix-Marseille : 72.000 étudiants… Au Canopé (ex CNDP), la nouvelle restructuration remplace les 32 établissements académiques en 13 entités calquées sur les nouvelles super-régions.

Partout, au prétexte de « l’harmonisation » et de « la mutualisation », des règles de gestion, des droits et acquis des personnels sont remis en cause : horaires et temps de travail, primes, congés…

Le recours à la précarité est toujours aussi systématique et les contractuels sont une variable d’ajustement.

Partout, les organisations du travail désorganisent le travail. Partout, le stress, le sur-travail, le mal-travail et le mal-être au travail augmentent, la déstabilisation des personnels se généralise.

Notre syndicat continuera à s’opposer à ces restructurations, dues aux ComUEs et aux fusions. Nous défendons opiniâtrement le service public national laïque, public et gratuit, d’enseignement supérieur et de recherche. Nous défendons aussi tous les droits et intérêts collectifs des personnels qui travaillent pour la réalisation de ses missions.

Nous défendons les statuts de fonctionnaires d’État et nous sommes opposés à toute mobilité forcée.

Nous demandons le renouvellement des CDD sur emploi permanent, la CDIsation en attendant la titularisation.

Nous exigeons le maintien et l’amélioration des droits en termes de temps de travail, de congés, de primes… Nous sommes contre le RIFSEEP.

Les choix du jury international et la décision du Premier ministère sont clairs : avec la pression des collectivités locales et l’argument financier, tous les chantages à la fusion sont ouverts !

À Toulouse, au prétexte de vouloir obtenir à nouveau le label de « l’excellence », les présidents d’établissements et le nouveau président de la ComUE vont inévitablement s’engager dans la surenchère et la course à la fusion même si, pour cela, ils jureront que la fusion n’est pas possible à Toulouse. Mais, comme a commencé à nous l’annoncer le candidat à la présidence de la ComUE rencontré par des représentants de la CGT FERC Sup ce 27 juin, toutes les solutions envisagées y conduiront inexorablement : par exemple, le transfert de compétence des établissements vers la ComUE et la fusion de formations et recherches au sein d’instituts interdisciplinaires transversaux.

Nous ne sommes pas dupes des objectifs assignés par le gouvernement et le ministère aux présidents des EPSCP.

Le démantèlement du service public laïque d’enseignement supérieur et de recherche à travers sa restructuration n’est pas acceptable.

Nous continuerons à lutter contre les ComUE et les fusions.

Nous continuerons à défendre pied à pied les intérêts et droits des personnels de nos établissements et de l’université Toulouse-Jean Jaurès en particulier.

CGT FERC Sup - 263 rue de Paris - Case 544 - 93515 Montreuil Cédex - Tél. : (33) 01.55.827.628 - Fax : (33) 01.49.88.07.43 - Mél : ferc-sup@ferc.cgt.fr