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Fin de l’idex - Exigeons l’arrêt du processus de fusion/unification en cours

jeudi 12 mai 2016

Le 27 avril dernier, le Premier Ministre a décidé, suivant les recommandations du jury international, de mettre fin au financement Idex dont disposait la COMUE Université Sorbonne Paris Cité depuis 2012.
Dans un courrier du 4 mai dernier, le président de l’USPC explique que cet échec est directement et uniquement lié au fait que les 4 universités membres de l’Université Sorbonne Paris Cité, à savoir Paris 3, 5, 7 et 13, n’avaient pas un projet de fusion à court terme, permettant ainsi de dédouaner les porteurs du projet de cet échec. Il appelle donc les universités à s’engager dans un processus de fusion dans les meilleurs délais et rappelle que cet engagement avait été pris par les 4 présidents en 2013 (courrier adressé à l’AERES pour une fusion au 1er janvier 2016)… Or, à Paris 3, il nous a toujours été annoncé, que cette possibilité était à exclue.

Nous ne pouvons pas nous contenter de cette explication : ce serait ajouter, à l’échec, la persévérance dans l’échec… Il serait, en effet, bien trop simpliste d’analyser les raisons de cet échec uniquement sous l’angle de la non fusion programmée des 4 universités. Dans une dépêche AEF (n°537659) du 6 mai 2016, le président du jury Idex lui-même indique que la fusion n’était pas une nécessité pour satisfaire aux exigences de l’Idex.

Petit historique

Il convient de rappeler l’historique de l’Idex USPC obtenu en 2012. Le document avait alors été rédigé et constitué hors-sol, sans consultation des membres de la communauté universitaire, sans que le document déposé n’ait été présenté aux élus des conseils centraux. L’argument était à cette époque le maintien du secret : en effet, divulguer le dossier aurait pu amener nos « concurrents » à nous voler les idées qu’il contenait (et non, malheureusement, ce n’est pas une blague, mais bien la véritable raison annoncée devant les conseillers…). Ce projet n’a jamais été approuvé ni discuté au sein des instances élues. Aucune réflexion sur les périmètres n’a jamais été menée. Le projet s’est construit dans une opacité regrettable, loin de la communauté universitaire à laquelle nous appartenons… La gouvernance de l’USPC semble avoir toujours privilégié la nomination de proches, l’opacité et la partialité, un présidentialisme privilégiant les décisions prises à quelques-uns dans un bureau, sans la moindre écoute ni la moindre concertation. C’est ainsi qu’une gouvernance se place elle-même loin du terrain et des forces vives qui portent vraiment l’avenir de l’université. Il est alors peu étonnant que le jury international, avec une certaine clairvoyance, ait perçu le manque d’adhésion de la communauté.

Depuis 2012, l’Idex servait aux dirigeants de la COMUE à justifier la politique intégratrice des universités dans une nouvelle structuration. On ne parlait pas d’université fusionnée, mais d’université unifiée… Personne, bien sûr, n’a jamais véritablement expliqué la différence entre l’une et l’autre. La stratégie déployée a donc été une intégration lente, toujours coupée de la communauté universitaire, mais imposant de réelles transformations. Ainsi, nous avons perdu au passage le pouvoir de délivrer des diplômes de doctorat, la gestion de nos contrats doctoraux, attribués et gérés dorénavant par l’USPC, sans qu’aucun conseil de l’université ne se soit prononcé sur de tels transferts de compétence. L’étape suivante aurait probablement été le transfert des Licences et Masters avec en filigrane la suppression des « doublons » au niveau des formations…
En 2015, la préfiguration des pôles USPC a été lancée, et de très nombreuses critiques sur cette préfiguration sont apparues, démontrant l’éloignement de l’USPC du terrain, de l’université, des pans entiers de notre recherche et formation en étant totalement exclus ou ne s’y retrouvant que partiellement. L’opacité a présidé à l’élaboration des rapports de préfiguration et aux appels à projets qui leur ont été associés ; des rapports incomplets ont été présentés, parfois bien peu lisibles. Un découpage arbitraire et préjudiciable a été imposé entre les « Humanités, Arts, Lettres et Langues » et les « Sciences sociales », fractionnant plusieurs de nos départements et de nos laboratoires, qui pourtant tirent précisément leur force de leur interdisciplinarité.
La méconnaissance de secteurs entiers de l’enseignement et de la recherche et des réalités de leur fonctionnement prévaut malheureusement… Et on s’étonne du manque d’adhésion de la communauté universitaire à un projet dont elle est d’emblée exclue…

Que perdons-nous financièrement avec la fin de l’Idex ?

Pas grand-chose en fait…

En effet, loin de représenter les moyens colossaux annoncés et indispensables au fonctionnement de l’université, l’Idex a été d’abord et avant tout un leurre utilisé pour justifier l’avancée vers l’université unifiée… L’argent de l’Idex a principalement servi à faire vivre la COMUE : de l’argent perdu pour les missions principales de l’université, de l’argent employé à rajouter une couche au millefeuille administratif qu’on nous impose.

Le reste des fonds Idex représente annuellement autour de 1 ou 2% du budget total de Paris 3 pour un coût total qu’on ne peut réellement mesurer. On peut noter le faible taux d’exécution de cette part du budget de notre université qui doit être ciblé sur l’excellence et qui amène à d’importantes désorganisations.

Par ailleurs, Paris 3 avait, en valeur relative, un intérêt assez limité dans l’Idex, l’état des rapports de force au sein de la COMUE ne lui étant pas favorable. Par exemple sur les 186 contrats doctoraux créés par l’Idex, seuls 9 ont été attribués à Paris 3.

Face à cette situation, nous demandons la hausse des budgets récurrents des universités… C’est sur cette part de budget qu’a été prise nationalement la partie Idex. On doit récupérer ce qui est dû à l’enseignement supérieur et à la recherche.

Et maintenant ?

La COMUE USPC est un monstre avec ces 120 000 étudiants et 13 500 membres du personnel, elle signifie la fin de la démocratie universitaire et l’apparition d’une bureaucratie forcément coûteuse, inefficace et nuisible. C’est son utilité et son existence mêmes qu’il nous faut remettre en cause.

J.-Y. Mérindol veut réagir à la fin de l’Idex USPC par une marche forcée vers une fusion complète, C. Bonafous-Murat propose, lui, de « maintenir le cap ». Or, c’est un changement complet de cap, justement, qu’exige la situation. L’échec de l’Idex doit marquer la fin de la fuite en avant vers une université unifiée ou fusionnée dont personne ne veut, pensée par le haut, en dehors de notre communauté universitaire.

La politique de restructuration de l’ESR contenue dans la loi Fioraso doit pour cela être fermement combattue et le retour à une politique différente exigée, une politique réellement porteuse de progrès pour notre université.

L’université doit être et demeurer le lieu de véritables échanges scientifiques, pédagogiques, un service public, démocratique et émancipateur.

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