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Projet Picpus : inquiétude et malaise

mardi 19 mai 2015

Des surfaces utiles nettement surévaluées et une réalité inquiétante

Le déménagement définitif de l’Université Paris 3 vers le nouveau site (« site Picpus », récemment rebaptisé « Projet Nation ») a, dès le départ, été justifié par l’augmentation notable de surface utile annoncée pour le nouveau campus. Cette augmentation s’est peu à peu révélée n’être qu’un leurre, et les calculs actuellement avancés sont clairement problématiques.
Dans les calculs de surface avant/après déménagement proposés, le restaurant universitaire de 1420 m2 est compté dans les surfaces de Picpus, alors que le restaurant Bièvre du CROUS côté Censier n’est pas pris en compte dans nos surfaces actuelles. La surface hors zones techniques annoncée, 25405m2 restaurant universitaire inclus, n’offre donc que 23985 m2 effectivement utilisables pour reloger les sites fermés...
L’extension de la rue des Irlandais ne doit être comptée que très partiellement dans l’opération de déménagement. En effet, seule une partie de la Recherche (PSN, ED…) avait jusqu’alors des locaux dans les sites que va perdre l’université. Il faut donc prendre en compte uniquement le relogement de ces unités et pas l’ensemble des m2 de la rue des irlandais qui correspondent à des activités qui n’étaient pas présentes sur les sites qui vont fermer.
L’ensemble des sites fermés représente au minimum 22843 m2, — en comptant les modulaires D et E de Censier à 2430m2 utiles, comme l’a indiqué la Présidence à l’occasion d’une présentation en 2013 (18600m2 pour tout le site Censier, hors Bièvre). Si ce chiffre est exact, nous gagnerions 23985-22843 = 1142 m2, c’est-à-dire 5% de surface en plus.

Opacité

Le projet Picpus a considérablement évolué par rapport à ce qui avait été annoncé et promis solennellement lors de sa présentation. Le problème majeur est que cette évolution s’est effectuée et s’effectue encore dans la plus grande opacité. La commission des locaux n’a pas été réunie depuis novembre 2014, et les documents qui devraient être publics et accessibles à tous ne le sont pas. Pourquoi l’avant-projet sommaire n’a-t-il pas été communiqué à l’ensemble de la communauté universitaire ? Lorsqu’un membre du groupe de travail « Projet immobilier PRIMMO » demande en séance à connaître les surfaces actuelles par site dont nous disposons, afin de les comparer avec ce qui est prévu, on lui répond que « la DPIL est en train de rechercher ces données et les transmettra dès que possible, [qu’]il s’agit d’un travail intéressant car les dernières données globales datent de 2011 » (compte rendu de la réunion du 26/03/2014). Point final.
Pourquoi ne donne-t-on pas aux membres du CHSCT les comparatifs de surfaces par service, par département, par UFR entre l’existant et ce qui est prévu à Picpus ? Pourquoi le nombre de salles de cours prévue à Picpus n’est pas mis en parallèle du nombre de salles existant ?
Il est inadmissible que l’ensemble de la communauté universitaire ne soit pas du tout associé à la réflexion nécessaire à l’élaboration d’un tel projet, et que, plus grave encore, on refuse de lui communiquer les informations et données constitutives du projet. Nous exigeons une véritable mise à disposition pour consultation du permis de construire avant son dépôt en Mairie ainsi que de toutes les données qui permettent à chacun de se rendre compte de l’évolution prévisible des conditions de travail et d’études.

Répartition des surfaces

Certaines composantes ont fait des demandes et fait circuler les plans. D’autres composantes comme l’UFR LLCSE n’ont rien réclamé et n’ont fait circuler aucune information… Pour que ce type de projet soit une réussite, tous les personnels doivent être consultés. Cela n’a pas été le cas ici.
De nombreuses réclamations légitimes d’acteurs qui ont multiplié les interventions, ont été accordées. Les plans incluent aussi certaines améliorations (plus de sanitaires, par exemple, ou une cafeteria du personnel ou plusieurs salles de spectacle), de fait nécessaires, mais qui prennent également sur les surfaces existantes.
Puisque l’augmentation de la surface totale était très limitée (5% au plus !), les surfaces ainsi réaffectées manquent cruellement ailleurs.

Surface des bureaux

L’inventaire précis n’a pas été rendu public, malgré des demandes répétées. Mais il est souvent prévu d’entasser des collègues à deux dans des bureaux de 15 m2 alors qu’ils reçoivent du public. On est ici deux fois en-dessous des normes préconisées, à savoir :

  • 10 m² pour 1 personne seule,
  • 11 m² par personne dans un bureau collectif (soit 22 m² pour 2 personnes ou 33 m² pour 3, etc.),
  • 15 m² par personne dans un espace collectif bruyant (si les tâches nécessitent : accueil de public ou communications téléphoniques par exemple).
  • De nombreux exemples montrent une baisse conséquente du m² par service :
  • à la scolarité, on passe de 106 à 76 m² pour 9 personnes.
  • les bureaux de direction de département passent à 15 m² pour la direction et sa/son adjoint.e. Aujourd’hui, par exemple au département d’étude germanique à Censier on compte 23 m².
  • les secrétariats de département qui accueillent du public continuellement perdent tous de la surface et l’on est très loin des 15 m² carrés nécessaires par collègue pour ce type de travail
    Des directeurs de services annoncent qu’il n’est prévu que 6m² par employé. C’est bien en dessous des normes… et pour un bâtiment neuf.

Bureaux enseignants

Même mépris pour la vie quotidienne enseignante, autre secteur sinistré de Picpus. Les plans publiés, datés du 6 février 2015, n’incluaient aucune salle des enseignants pour les départements, ni même pour les UFR, seule l’ESIT ayant apparemment droit à ce genre de luxe. Avec au plus une douzaine d’espaces de réception des étudiants, à répartir au quotidien entre 450 enseignant-es titulaires, on est loin de ce que l’on peut attendre de locaux universitaires neufs. Et on est peut-être en dessous de l’existant à Censier.
A noter que lors de la Commission des locaux du 14 novembre 2014, la direction s’était fermement engagée à proposer sur le nouveau Campus un bureau pour 4 enseignants, engagement renié depuis. Or, dans une université digne de ce non, chaque enseignant devrait avoir un bureau pour travailler et recevoir les étudiants.

Salles de cours

Au sein de ce processus catastrophique, le grand perdant, c’est l’enseignement. Il y a moins de salles de TD disponibles à Picpus que ce dont on dispose aujourd’hui : 96 salles de cours à Picpus d’après ce qui a été dit par la vice-présidente en charge de l’ immobilier au dernier conseil de gestion de l’ufr llcse contre 120 salles aujourd’hui (Censier, ILPGA, IMA). D’après les chiffres dont nous disposons : 20 % de salles de cours en moins !
Pour pouvoir assurer les cours, il serait prévu d’augmenter l’amplitude horaire d’ouverture de l’université (cours jusque 22H et d’augmenter le nombre de cours le samedi et en soirée).

Environnement

Par ailleurs, le nouveau Campus revendique « la présence de l’université dans la ville, son ouverture sur la société, sa mission de valorisation du savoir » (Notre 12e, avril 2015). Or, à cette date, aucune solution de relogement viable sur le nouveau campus n’a été proposée à la librairie située aujourd’hui en face de Censier. A Picpus, l’éloignement de fait des étudiants et des enseignants des grandes bibliothèques du quartier latin pourrait donc se doubler de la perte de cette librairie avec qui la communauté universitaire travaille depuis longtemps, notamment pour la commande des ouvrages étrangers mis aux programmes.

Conclusion

Le projet PICPUS, sous sa forme actuelle, ne représente qu’une parte de nos besoins immobiliers. Il ne peut représenter, seul, l’avenir de Paris 3.

Face à cette situation déplorable, nous exigeons :

  • des m² supplémentaires dès l’ouverture de Picpus !
  • ne consultation réelle de tous les personnels dans la réalisation du nouveau site pour des locaux adaptés à nos missions.
  • des bureaux pour chaque enseignant.e-chercheur.se à proximité de son lieu d’enseignement
  • Le respect des normes de m² nécessaires pour chaque bureau des BIATSS
  • la réaffectation du site de Censier, site historique de notre université, après les travaux de désamiantage
  • le maintien de l’affectation du site de l’École de médecine à Paris 3.
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