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Lutter et inventer à Paris 3 - Pour un service public national d’enseignement supérieur et de recherche démocratique et émancipateur - profession de foi

samedi 22 novembre 2014

Lutter et inventer à Paris 3

Pour un service public national d’enseignement supérieur et de recherche démocratique et émancipateur

Le 4 décembre prochain auront lieu des élections aux conseils centraux de l’université. Ces scrutins décideront de l’élection du/de la président.e, de l’équipe dirigeante et de la représentation des forces syndicales en présence. Se jouent donc là les orientations, le devenir de notre université pour les prochaines années. Ces dernières années, les différents gouvernements et l’équipe aux commandes de notre établissement depuis 2008 nous ont imposé des mutations, qui entraînent une dégradation constante de nos conditions d’exécution des missions de service public. Nous dénonçons cette politique destructrice et nous nous y opposons.
Ces élections sont un moment important de la vie de notre établissement, elles sont un des rares moyens d’expression de notre communauté universitaire.

Votez pour nos listes le 4 décembre prochain

Le nombre de nos élu.e.s déterminera notre capacité à peser dans la politique générale de l’établissement et la défense de l’ensemble des personnels

L’université face à la Comue

Le 12 septembre 2013, une note publiée sur le site du PRES Sorbonne Paris Cité annonçait la fusion des universités Paris 3, Paris 5, Paris 7 et Paris 13. Cette fusion a été combattue et finalement écartée. Mais la solution maintenant imposée à tous, la Communauté d’universités et d’établissements (Comue), structure pilotée par une « gouvernance » resserrée et très peu démocratique, s’est révélée être une véritable machine à broyer les budgets, les emplois, les formations et la recherche, les personnels et les étudiant.e.s.

Dans un contexte d’austérité budgétaire générale, nous assistons à un désengagement de l’État du financement de l’ESR : la masse salariale désormais transférée aux établissements a été sous-évaluée, les plafonds d’emplois contraints, tandis que les crédits sur projets se substituent aux crédits récurrents. Dans notre université, cela se traduit par des suppressions d’options, des fermetures de TD, des réductions d’horaire, des gels et suppressions d’emplois, une précarisation croissante des personnels, une dégradation du service public et des conditions d’études des étudiant.e.s.

Face à cela, la Comue impose une recomposition désormais régionalisée de l’enseignement supérieur, prélude à un démantèlement du service public national de l’ESR. Les budgets sont détournés au profit de dispositifs de pseudo-excellence : IdEx, EquipEx, chaires d’excellence, primes d’excellence… autant de budgets qui devraient être reversés aux universités et aux organismes de recherche. Au sein de Sorbonne Paris Cité, comme dans la plupart des Comue, on s’achemine vers une politique de réduction des coûts qui se traduira par une mutualisation ou une externalisation des services, un regroupement des composantes et des formations, et une élimination des formations apparaissant comme des doublons.

Démocratie : décidons de notre avenir

Depuis la première loi LRU, la démocratie et la collégialité ont été, durant ces dernières années, mises de côté dans notre université. Cette loi a permis à la direction, à travers le Conseil d’administration de l’établissement, de par sa faible représentativité, de faire passer l’ensemble des derniers bouleversements (IDEX, Comue...) contre les personnels et même face à l’opposition exprimée par les autres instances élues de l’université. La direction a toujours privilégié le dialogue avec des partenaires extérieurs plutôt que le dialogue social, refusant ainsi l’écoute des aspirations, des besoins et des souhaits de sa communauté. Le devenir de l’université ne peut être pensé sans sa communauté et les décisions ne peuvent être prises par un petit comité d’initié.e.s, au détriment de l’avis de l’ensemble des principa.les.ux intéressé.e.s.

La vision de la pratique du pouvoir de la direction en place depuis 2008 a toujours été de prendre l’ensemble des décisions engageant l’université en petit groupe. Ce n’est plus acceptable.

Pour la démocratie à l’université, nous nous engageons :

  • à défendre une véritable démo-cratie et une vraie collégialité au sein de l’établissement et la consultation de l’ensemble de la communauté pour les dossiers engageant pleinement le devenir de l’établissement, et non plus une prise de décisions par un petit comité d’initiés ;
  • à mettre à la disposition de tous l’ensemble des documents et PV de toutes les instances de l’université.

Les bibliothèques interuniversitaires

Les bibliothèques interuniversitaires rattachées à Paris 3 (Bibliothèque Sainte Barbe et Bibliothèque Sainte Geneviève) sont aujourd’hui, après les universités, dans le collimateur de l’État pour une restructuration générale. La direction de Paris 3 ne veut plus de la gestion de ces bibliothèques (« coûteuses et/ou ingérables »), les directions des bibliothèques ne veulent plus de la tutelle de Paris 3 et le rapport de l’Inspection générale des biblio-thèques envisage plusieurs scénarios… On craint que les intérêts des personnels ne soient pas pris en compte… Les ouvertures de postes nécessaires au fonctionnement de la BSB ne sont pas à l’ordre du jour. Les conditions de travail à la BSG ont nécessité une visite de l’inspection santé et sécurité au travail. Nous serons attentifs à ce que les propositions de restructurations touchant à ces BIU respectent les personnels.

Conditions de travail

Les conditions de travail de l’ensemble de la communauté universitaire, personnels enseignant.e.s-chercheur.e.s, enseignant.e.s, administrati.f.ve.s n’ont cessé de se dégrader ces dernières années, au fil de restructurations, de fusions d’équipes ou de démantèlements, sans concertation et sans bilan.

Alors que ces restructurations n’étaient parfois que des suggestions du ministère, l’équipe dirigeante de l’université s’est empressée de les appliquer avec zèle, mais sans concertation avec les acteurs directement en charge des dossiers, eux/elles-mêmes mal ou non accompagné.e.s dans la mise en œuvre de ces changements.

Les enseignant.e.s se voient imposer de nouveaux rythmes de travail. Les chercheur.e.s perdent le temps qu’ils/elles devraient consacrer à leur recherche à monter des dossiers, à compléter des tableaux, à remplir des appels d’offres… Les BIATSS, qui ont de plus en plus l’impression d’être quantité négligeable dans ce système, des pions déplacés au gré des restructurations, voient leurs traitements stagner, leurs missions augmenter sans aucune contrepartie ni reconnaissance, et n’ont plus aucune perspective professionnelle. De plus, les restructurations ont entraîné la création d’un ensemble de petits/moyens chefs qui sont à la tête de structures dont ils ne connaissent pas toujours le fonctionnement.

La pression qui en découle sur l’ensemble des personnels est palpable au quotidien. Chacun.e a conscience d’avoir de plus en plus de missions à remplir tout en ayant de moins en moins les conditions favorables pour les accomplir…

De plus, les échéances prévisibles, car revenant à intervalle régulier, ne sont jamais anticipées : maquettes, auto-évaluation… et les personnels sont régulièrement convoqués dans l’urgence à des réunions organisées dans la précipitation.

Notre action a toujours porté sur l’amélioration des conditions de travail de l’ensemble de nos collègues, sur leur défense au quotidien.

En tant qu’élu.e.s, nous demandons :

  • une prise en compte sérieuse et adaptée de la souffrance au travail ;
  • une remise à plat du travail de chacun pour une meilleure coordination du travail collectif basé sur un réel bilan des réorganisations passées ;
  • une politique des emplois prenant en compte, dans la transparence, les besoins et aspirations des personnels et l’évolution des besoins dans les services ;
  • une véritable politique de formation des personnels mise en place avec des moyens conséquents ;
  • une réflexion urgente sur les conditions d’examens et leur calendrier ;
  • la création de CRCT rendue possible par un redéploiement de l’enveloppe consacrée à la prime d’excellence (renommée PEDR). La PEDR représente actuellement pour Paris 3 une enveloppe de 469 000 euros, ce qui, d’un point de vue budgétaire, pourrait représenter 83 CRCT.

Lutter contre la précarité

La précarité impose à celles et ceux qui la subissent une incertitude professionnelle et personnelle leur interdisant tout projet de vie (logement, crédit, vie familiale, etc.). Elle influe également très directement sur les conditions de travail des titulaires, du fait de la volatilité du personnel qui en découle. Le gouvernement a fait le choix d’une politique de précarité de l’emploi pour réaliser des économies sur le prix du travail : en moyenne, une personne en CDD coûte moins cher qu’une personne sur un poste de titulaire.

En parallèle, sur l’université, une politique de « super contractuels » a été mise en place : on recrute des administratif.ve.s qui négocient leur salaire, payé.e.s au-delà des grilles de la fonction publique, en omettant de revaloriser les primes de l’ensemble des collègues (qui sont parmi les plus faibles des établissements d’enseignement supérieur), de promouvoir les personnels en place, de faire le moindre effort financier pour les contractuel.le.s, notamment pour les primes de Noël… Il faut faire cesser le recrutement de ces « super-contractuel.le.s », titulariser ou CDIser les personnels précaires et promouvoir les personnels en place…

En tant qu’élu.e.s, nous défendons :

  • une véritable vague de résorption de la précarité par la création de postes statutaires ;
  • la CDIsation des contractuel.le.s au renouvellement de contrat en attendant une titularisation ;
  • l’arrêt du recrutement de « super contractuel.le.s », payé.e.s au-delà des grilles de la fonction publique et le redéploiement de ces sommes vers la résorption de la précarité ;
  • à travail égal, salaire égal : primes et rémunérations doivent être équivalentes entre titulaires et contractuel.le.s ;
  • les primes de Noël pour les personnels contractuels sur des contrats de catégories B et C, comme c’est le cas pour les titulaires.

Les locaux

Le site de Censier est amianté et par conséquent dangereux. Toutes les maintenances à effectuer sont difficiles et coûteuses. Il faut donc au plus vite déménager. Le projet Picpus est un début de réponse à nos problèmes de locaux. Il ne résout toutefois pas toutes les carences de locaux que nous n’avons cessé de dénoncer. Tout d’abord, la surface proposée est insuffisante, avec un nombre de m² équivalent à la situation actuelle. Notre université a le nombre de m² par étudiant.e parmi les plus faibles au niveau national. De ce fait, il sera impossible d’attribuer des bureaux à tous les enseignants chercheurs, surtout près des salles de cours. Malgré les promesses de l’équipe dirigeante, qui nous a à plusieurs reprises confirmé qu’il était hors de question que l’université quitte son site historique au cœur du Quartier latin, celui-ci sera abandonné. Même l’implantation sur le site de la Sorbonne est compromise. En effet, il est clairement indiqué dans les statuts de l’université Sorbonne Paris Cité que la présidence de celle-ci est située à la Sorbonne. Or nous sommes le seul établissement de SPC à avoir des locaux sur ce site…

On nous promet que le site de Censier, une fois désamianté, ne servira pas à des spéculations immobilières, mais que la Mairie de Paris, affectataire du lieu, en fera des bâtiments à destination des étudiants. C’est parfait, rien n’empêche donc que le site soit réaffecté à notre université… en complément du site de Nation, qui de toute façon ne couvre pas nos besoins en locaux.

Pourquoi ne pas combler ce manque de locaux en exigeant que le site de Censier reste un site de l’université, site toujours ancré dans le Quartier latin, quartier universitaire historique parisien ?

En tant qu’élu.e.s, nous demandons :

  • la réaffectation du site de Censier, site historique de notre université, après les travaux de désamiantage ;
  • le maintien de l’affectation du site de l’École de médecine à Paris 3 ;
  • des bureaux pour chaque enseignant.e-chercheur.e à proximité de son lieu d’enseignement ;
  • une consultation réelle des personnels dans la réalisation du nouveau site pour des locaux adaptés à nos missions.

L’enseignement supérieur et de la recherche

L’enseignement supérieur

Notre université souffre d’un sous-encadrement pédagogique qui nuit à la qualité des enseignements, aux conditions de travail des enseignant.e.s ainsi qu’à l’équilibre des missions des enseignant.e.s-chercheur.e.s. Associé au désengagement de l’État et à la politique de restructuration de l’ESR (mise en place des Comue et fusions des universités), ce sous-encadrement nous mène vers des solutions de gestion de la pénurie : diminution de l’offre de formation, nombre d’étudiant.e.s par TD en augmentation, emploi croissant de vacataires, modulation à la hausse des services des enseignant.e.s-chercheur.e.s. Les nouvelles maquettes mises en place en 2014 ne font que renforcer cette évolution que nous avons dénoncée en 2012.

La recherche

Depuis quelques années, nous assistons à un déplacement des sources de financement de la recherche, de crédits récurrents à un financement au coup par coup, par appels à projets. En outre, la gestion financière et managériale de la recherche incite à des regroupements artificiels, au sein de projets sans réelle cohérence scientifique.

Les crédits récurrents des équipes, grands perdants de cette mutation, doivent pourtant être renforcés et demeurer la source principale de financement du travail de recherche. Les chercheur.e.s, leurs équipes et leurs travaux ne doivent pas dépendre de ces leurres, de ces carottes illusoires que sont ces appels d’offres… Les chercheur.e.s les plus aptes à se transformer en professionnels du montage de projets peuvent espérer empocher quelques subsides, indépendamment de la qualité de leur travail scientifique.

On est tout de même loin de l’essence du travail de recherche universitaire.
La recherche en SHS ne doit pas être à la merci d’appels d’offres de financements individualisés : le travail au sein des équipes doit être renforcé afin de créer une émulation et non une concurrence néfaste pour l’enseignement et la recherche. De plus, ce système de financement au coup par coup est créateur de précarité, il ne propose que des contrats de courte durée pour les jeunes chercheur.e.s à la place des postes statutaires nécessaires.

Ce n’est pas une vision acceptable de la recherche scientifique et aucune avancée notable ne pourra être effectuée dans ce cadre. Il est temps que l’ensemble de la communauté dénonce et s’oppose à ce mode de financement.

En tant qu’élu.e.s, nous nous engageons à :

  • défendre une recherche financée par des crédits récurrents et non par des appels d’offres qui récompensent des chercheurs transformés en professionnels du montage de projets ;
  • exiger des CRCT plus nombreux et systématiques.
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