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ComUEs : Déclaration de la CGT au CNESER du 21 juillet 2014

lundi 21 juillet 2014

La mise en place des COMUEs s’effectue à marche forcée dans un contexte budgétaire extrêmement contraint. Toutes les universités rencontrent des difficultés budgétaires et la précarité devient insupportable. La situation dans les organismes de recherche est tout aussi catastrophique.

Si les statuts des premières COMUEs varient d’un établissement à l’autre, il reste difficile de trouver un véritable projet pédagogique ou scientifique dans chacun de ces regroupements. Malgré quelques propositions intéressantes trouvées dans les projets, la nature technocratique de ces regroupements avec des établissements très divers entraîne une mise en place complexe avec des luttes de pouvoir loin de la coopération attendue.

Mais il s’agit bien avant tout, d’organiser un pilotage étroit de l’ESR par l’État et par les régions. Ce pilotage sera d’autant plus efficacement assuré que le nombre de contrats passés sera faible. La signature des contrats pluriannuels s’effectue avec les structures territoriales. La politique de site permettra d’adapter l’orientation des COMUEs aux enjeux stratégiques économiques et politiques locaux, fortement liés aux intérêts à court terme des entreprises de la région.

Pour les établissements regroupés au sein des COMUEs, la cohérence vis à vis des politiques de sites consiste avant tout dans la réalisation d’économies. La rationalisation qui pouvait être nécessaire, risque de se traduire systématiquement par une nouvelle réduction de moyens : suppressions de formations, gels de postes, amplifiant la situation d’aujourd’hui.

Dans cette situation, que devient la stratégie nationale de recherche pour les EPST ? Devront-ils s’adapter aux demandes de valorisation immédiate pour aider les régions à sortir de leurs difficultés économiques et aux exigences européennes pour l’attribution de subventions ? La création de l’ANR et sa politique de recherche par projet a contribué à affaiblir le rôle des organismes de recherche, la mise en place de ces superstructures d’enseignement supérieur et de recherche va poursuivre ce phénomène.

Les statuts montrent que les COMUEs mettent en place des structures décisionnelles non démocratiques. Les établissements désignent des représentants au sein des comités qui prendront les futures grandes décisions sans qu’il soit nécessaire de consulter les instances de ces établissements. Les circuits décisionnels seront plus courts mais les décisions seront prises au-dessus des instances élues qui n’auront plus aucun pouvoir pour défendre les préoccupations des usagers. La préparation de ces statuts illustre la politique à venir : pas de concertation avec le personnel, les instances sont mises devant le fait accompli. C’est pourquoi les comités Techniques rendent des avis négatifs alors que les CA votent majoritairement pour les statuts proposés.

La répartition des moyens se fera par la COMUE, en fonction des axes stratégiques qu’elle se sera défini. Les mutualisations annoncées risquent fort de se faire comme déjà aujourd’hui au détriment des conditions de travail des personnels, entraînant des mobilités forcées, des redéploiements de personnel, des externalisation de services, une nouvelle explosion de la précarité et pour les étudiants, des difficultés accrues pour suivre les formations souhaitées. Les diplômes d’excellence seront transférés aux COMUEs pour assurer la visibilité internationale recherchée mais que deviendront les autres formations moins brillantes ?

La CGT ne peut que se prononcer contre les statuts de ces futurs grands établissements qui ont été préparés et négociés sans que les personnels concernés aient pu intervenir dans ce processus.

- Déclaration CGT et CGT FERC Sup contre le projet de décret de fusion des universités Montpellier 1 et Montpellier 2

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