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La pédagogie à la moulinette de SPC et du Ministère

mercredi 29 janvier 2014

Les avis du Ministère sur l’offre de formation 2014-2018 font comme si la Sorbonne Paris Cité était déjà une université fusionnée, et comme si P3 avait déjà voté ces statuts…

Les bureaucrates du Ministère se laissent aller, et suggèrent plus ou moins explicitement de supprimer toute formation qui en double une autre ailleurs dans une CUE (même si la formation supprimée marche bien...), à moins qu’il s’agisse de formations surbondées.

Bel exemple de planifation centralisée, sans la moindre trace d’autonomie des Universités –et ce n’est même pas de la marchandisation ou de la mise en concurrence, puisque nul ne songe à prendre en compte l’avis des clients-e-s / étudiant-e-s !

Voici une série très limitée de morceaux choisis :

a) Licence cinéma

"Avis favorable. La CUET SPC comporte deux licences strictement équivalentes, toutes deux intitulées " licence Etudes cinématographiques ", respectivement à P3 (qui ajoute " et audiovisuelles " à " cinématographiques ") et P7. Les notations sont équivalentes, respectivement AABA pour P3 et AABB pour P7. Aucune des deux formations ne donne la moindre indication quant à une articulation, ou même une simple collaboration. Une différence de taille, néanmoins, entre les deux propositions : la formation de Paris 3 s’appuie sur deux excellents laboratoires du domaine, le CIM et l’IRCAV, alors qu’aucun adossement ne semble directement lié à la thématique à P7. Cela fait très nettement pencher la balance en faveur de P3."

Résumons  : une formation licence de P7 qui marche parfaitement bien de l’avis même du Ministère est menacée de perdre son existence indépendante parce qu’une autre formation, sur un autre site (P3 en l’occurrence), existe et est "mieux adossée à la recherche" (ce qui, pour une licence, est évidemment de toute première importance...). Les deux populations étudiantes seraient rabattues sur un seul département gestionnaire, supposé "le meilleur", mais dont le fonctionnement serait rendu très difficile du même coup. Résultats des courses : plus rien ne marcherait nulle part. Bravo !

b) Mastère Info-Com

"Avis favorable. La CUET SPC comporte deux mentions de masters " Information et communication ". Celle de Paris 3 est notée BABB. Celle de Paris 13 est cohabilitée de longue date et portée par Paris 8. Dans l’optique d’une mise en cohérence de l’offre de formation, la balance semble pencher vers Paris 13 pour le pilotage d’une mention globalisée. Ceci nécessite toutefois un long travail, compte-tenu de la présence de Paris 8."

Encore plus fort. Le mastère P13 dépend étroitement du mastère P8, et c’est cet appui sur le département info-com de P8 qui assure son excellente note au mastère P13. La bonne note fait que tout serait rabattu sur P13 (les notes sont là pour permettre aux bureaucrates d’éviter de réfléchir) -mais comme P8 n’est pas dans SPC, il faudra sans doute sortir P8 du nouveau dispositif.

Résultat des courses : le mastère P13 serait détruit par le départ de P8, et celui de P3 détruit par le transfert à P13, dans ce qui ne serait plus qu’un bateau fantôme, ivre, ou les deux à la fois. En plus, deux mastères info-com concurrents seraient installés à 5 km l’un de l’autre. Encore bravo !

c) Mastère LLCE

"Avis favorable. Il convient en outre de prendre en compte pour les spécialités à effectifs faibles les synergies offertes au sein de la CUE."

Traduction  : deux séminaires de Mastère dans la même spécialité (Littérature anglophone, par exemple) mais dans deux "sites" différents (Paris 7 et Paris 3, Paris 13 et Paris 7) ne seraient tolérés que si les deux font le plein. La distribution des mastères recherche, les plus menacés, aurait lieu globalement sur les 3 universités : plus question d’enseigner la même chose à deux endroits différents...

Et tout ça pour arriver à un monstre type "hôpital Robert Debré", qui va permettre à notre Ministère de démontrer à son tour par l’exemple, après l’APHP, qu’effectivement, la gestion à la Soviétique, ça ne marche pas…

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