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Une bombe à retardement de plus pour l’Université façon RCE

mercredi 29 janvier 2014

On le sait, les "responsabilités et compétences élargies" des Universités ont surtout consisté à nous transférer des dépenses sans nous attribuer les recettes correspondantes. Les fonds ainsi utilisés sont tellement plus utilement employés à financer les banques en faillite, et "nos" grandes entreprises !

La présidence n’a pas l’air de bien s’en rendre compte encore, mais un nouveau transfert de ce genre l’attend à brève échéance, et ce transfert-là pourrait bien lui coûter très cher.

Depuis 2011, nous sommes officiellement censés appliquer les règles d’hygiène et de sécurité du Code du travail. Or les Universités, comme les autres services de l’État, ont ignoré le Code du travail pendant des décennies, et se retrouvent avec des hectares de locaux non conformes à tous égards (incendie, accessibilité handicapés, etc...), et des pratiques tout aussi non conformes. C’était la gloire du service public : pour le bien de l’État, nous acceptions aussi bien syndicalement qu’individuellement des conditions et des environnements de travail affichant cinquante bonnes années de retard sur l’horaire.

Fini tout cela, nous dit-on : dorénavant il faut respecter le code du travail. Excellente idée. Mais avec quel argent ?

Le site Sorbonne a bien de la chance d’être possédé par la mairie de Paris, qui a consacré la modique somme de 25 millions d’euros sur trois ans à la rénovation de la seule bibliothèque de la Sorbonne. Le budget global du chantier de rénovation de l’ilôt Sorbonne, lui, dépasse 70 millions d’euros, ce qui représente largement plus de la moitié du budget annuel de notre Université. Qui osera calculer combien coûterait la mise aux normes de l’Institut du Monde Anglophone, bâtiment historique certes, mais justement, pas encore forcément adapté aux exigences de sécurité du XXIe siècle (à vue d’œil on en serait plutôt resté à 1750) ?

Et il y a les petits à-côtés... L’application de cette réforme est censée être assurée par les membres du Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail de l’Université. Ce qui risque d’occuper ces membres une bonne partie de leur temps, et le Ministère a d’ailleurs admis que lesdits membres devraient recevoir des décharges. Mais pas question bien sûr de compenser la perte que ces nouvelles décharges représentent pour le budget de l’Université !

La CGT continuera à essayer de convaincre les collègues, y compris à la présidence, qu’il ne sert à rien d’accepter servilement cette politique de désinvestissement en attendant des jours meilleurs. Tôt ou tard, et assez tôt à ce stade, il faudra résister -ou fermer !

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